Perquisition, garde-à-vue… L’affaire entre la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) et la Société municipale de gestion digitale (SMGD), a pris une tournure telle que cela semble être devenue une affaire Naina Andriantsitohaina. C’est en tout cas ce qui ressort du point de presse, tenu hier par son avocate, Me Nicole Andrianarivoson, qui est longuement revenue sur les événements du week-end.
D’emblée, Me Nicole Andrianarivoson a indiqué qu’« il ne s’agit en aucun cas de faire obstruction au déroulement de l’enquête en cours. C’est simplement que depuis plusieurs jours, il dit tout et son contraire et c’est pourquoi, il faut rétablir la vérité ».
Et l’avocate n’a pas manqué d’évoquer la perquisition menée avant-hier, au domicile de Naina Andriantsitohaina à Andranobevava.
« Au début, ils ont demandé à Mme Andriantsitohaina, d’indiquer où se trouve son époux. Elle a répondu qu’il est absent, tout en demandant de lui remettre la convocation qui finalement a été remise à quelqu’un d’autre. Quelle est la différence entre cette tierce personne et la femme du principal concerné ? », s’interroge l’avocate.
« Pourquoi un dimanche alors que Naina Andriantsitohaina n’est pas un criminel dangereux, n’ayant aucun antécédent judiciaire ? », poursuit-elle. Et hier encore ; le véhicule utilisé par les agents en question, rodait encore autour de ladite propriété privée, hier. « Est-ce qu’on doit vraiment créer un tel climat de terreur ? », se demande-t-elle.
Une garde-à-vue qui pose questions
Et comme si la perquisition suivie de saisie de dossiers et de deux voitures personnelles, ne suffisait pas, les agents ont procédé à l’arrestation de la compagne de Naina Andriantsitohaina pour être interrogée au Bureau indépendant anti-corruption (Bianco).
Jusqu’à hier, elle était toujours détenue en garde-à-vue à Ambohibao, alors qu’il n’y a aucune suspicion qui justifie sa détention.
« Pour quelle raison ? Elle n’a rien à voir dans cette histoire, ni dans la gestion de la Commune, elle n’y dispose pas de bureau, et elle n’a signé aucun document », précise Nicole Andrianarivoson. Avant de relever que celle-ci est, de surcroît, la mère allaitante d’un enfant en bas-âge. «Humainement parlant, tout cela soulève beaucoup de questions ».
Dans la foulée, « Naina Andriantsitohaina est effectivement frappé d’une interdiction de sortie du territoire à l’instar d’autres personnalités. Mais il n’est ni assigné à résidence fixe ni sous résidence surveillé et a donc tout à fait le droit de circuler librement à Madagascar », dixit l’avocate qui rappelle que, durant sa passation de service, l’ancien ministre de la Décentralisation et de l’aménagement du territoire (MDAT) avait déjà fait part de sa volonté d’être à la disposition de tous ceux qui veulent des explications sur n’importe lequel des dossiers qu’il a traités.
Aucune signature n’a été apposée par Naina Andriantsitohaina
A propos de l’affaire Cnaps-SMGD en question, l’avocate a tenu à préciser que Naina Andriantsitohaina, bien qu’ ancien maire de la Commune urbaine d’Antananarivo, n’était pas le signataire du contrat relatif à cet emprunt de 11 milliards d’ariary.
D’autre part, la création de la SMGD a été approuvée par le conseil municipal tandis que le conseil d’administration de la Cnaps a validé le contrat de prêt. Tout cela s’est passé en toute légalité et est rapporté dans des procès-verbaux. « Depuis le 9 février 2022 jusqu’au 7 mars 2024, la SMGD a payé régulièrement ses dus à la Cnaps.»
« D’ailleurs, même le directeur général de la Cnaps, a reconnu ce fait durant sa récente conférence de presse tenue la semaine dernière », a rappelé Me Nicole Andrianarivoson. En vertu du principe de la continuité de l’Etat, la SMGD est tenue de poursuivre le paiement, même après que Naina Andriantsitohaina ait quitté son poste de maire de la capitale.
LR




