Dans le cadre de la tenue d’une concertation nationale qui verra, entre autres, comme passage obligé, la refondation constitutionnelle et électorale, il va sans dire que l’on procèdera à une révision des lois et règlements électoraux. C’est une démarche inévitable si l’on veut estomper, un tant soit peu, le manque de confiance affiché du peuple à l’égard de certaines institutions, ces dernières années.
Parmi ces institutions, il est évident que l’Assemblée nationale figure en tête de liste. Effectivement, bien trop souvent, les députés ne répondent pas à l’attente de ceux qui les ont élus pour une raison ou une autre (intérêts personnels, obligations du parti politique d’appartenance, … ). L’absentéisme généralisé lors des sessions parlementaires ainsi que leur absence prolongée et inexpliquée dans leur circonscription d’élection ne font que renforcer ce manque de confiance.
Pourtant avec les énormes avantages dont ils bénéficient avec leur élection, les députés doivent, tout au moins, par respect à leur électorat respectif, faire le maximum pour leur donner, autant que faire se peut, une satisfaction totale. Ce qui est rarement le cas. Mais, même en cas d’insatisfaction, cet électorat ne peut rien faire pour faire changer les choses. Il n’a d’autre alternative que d’attendre les prochaines législatives pour les sanctionner par le biais d’un vote de sanction si jamais ils se représentaient.
La logique serait de permettre aux électeurs de sanctionner leurs élus respectifs en cas d’insatisfaction à n’importe quel moment de leur mandat respectif sans attendre les prochaines élections. Mais dans le cas présent, rien ne prévoit ce cas de figure. Et la prochaine révision des lois et règlements électoraux doit s’y pencher afin de donner plus de pouvoir aux électeurs et limiter, autant que possible, les « errements » des élus.
Effectivement, une fois élus, certains députés ne considèrent en aucun cas la redevabilité dont ils doivent faire preuve à l’endroit de ceux qui ont fait le choix sur leur personne pendant les élections. Cela est surtout vrai pour ceux qui ne pensent plus à se représenter aux prochaines élections. Ils se croient tout permis de faire comme bon leurs semblent. Et l’immunité parlementaire dont ils jouissent ne fait que renforcer ce sentiment d’indépendance.
Trouver un système qui permettent aux électeurs d’agir sur leurs élus, voire les sanctionner, pendant leur mandat n’est pas chose aisée. Or, il est tout à fait légitime que ceux qui les ont élus aient également la capacité d’engager leur déchéance. Il doit en être de même en ce qui concerne la levée de leur immunité en tant que parlementaire. Par crainte de corporatisme, on ne peut pas laisser cette prérogative à l’exclusivité de leurs collègues députés. C’est toujours pour cette raison qu’immunité rime avec impunité.
Ranaivo Lala Honoré




