Une vague de nominations. Un cyclone. Les adjectifs ne manquent pas dans la presse pour décrire le rapport du dernier Conseil des ministres. Il faut dire que le gouvernement n’a pas lésiné avec plus d’une centaine de nominations et d’abrogations. Un chiffre qui donne le vertige et qui laisse penser que le mouvement est loin d’être terminé. A ce rythme, d’autres vagues sont encore attendues dans les jours à venir.
Déjà, certaines désignations font grincer des dents. A titre d’illustration, le député Fidèle Razara Pierre n’a pas hésité à adresser ouvertement ses remarques au ministre de l’Intérieur et de la décentralisation. Et il n’est pas le seul à hausser un sourcil interrogateur. Des doutes planent également sur certains noms proposés à des postes sensibles, notamment au sein de la télévision nationale où chaque nomination est scrutée à la loupe.
Mais après tout, rien de bien surprenant car il existe des pratiques qui, visiblement, ne sont pas près de disparaître. L’adage malgache est sans appel, « miova satro-boninahitra, miova andriana » ou littéralement quand la couronne change de tête, les dignitaires changent aussi. Et voilà que de nouveaux dirigeants arrivent, suivis presque mécaniquement par un renouvellement à tous les étages des ministères. Certains vont jusqu’à parler du principe du « zéro redoublement », façon ironique de dire que personne ne devrait être reconduit.
Résultat, un peu plus de trois semaines après la formation du gouvernement, les ministères passent encore l’essentiel de leur temps à réorganiser leurs directions, à redistribuer les responsabilités et, soyons honnêtes, à chercher leurs marques. Pendant ce temps, les défis, eux, n’attendent pas. Les difficultés des citoyens ne prennent pas congé en attendant que chaque ministère trouve enfin le bon chef de service.
Cela étant, il est vrai que chaque équipe doit pouvoir travailler avec des personnes de confiance. Mais dans un contexte où les urgences s’accumulent, la valse incessante des responsables a de quoi inquiéter.
Rakoto




