Pétanque – Championnat d’Afrique: l’équipe malgache sans soutien étatique

Du 22 au 28 novembre, la ville de Nouakchott va devenir le théâtre du Cham­pion­nat d’Afrique de péta­nque masculin. Et comme à cha­que fois que le cochonnet malgache quitte la Grande île, on sent déjà la poudre parler sur le sable mauritanien. Quatre hommes portent les couleurs de Mada­gascar : Faralahy Urbain Ramanantiaray dit Baloty, Maminirina Andria­nirainy alias Mamy Ronal­dinho, Andry Salohy Ran­drianaivo et Mirija Solonan­tenaina Rakotoson, plus connu sous le sobriquet Fakr. Ils sont champions nationaux en triplette, la formation qui a fait trembler tout Madagascar.
On ne présente plus la Grande île qui traîne déjà trois couronnes africaines dans sa besace : 2009 à Tunis, 2011 à Yaoundé et 2017 encore à Tunis où les boulistes malgaches avaient remis le couvert avec la manière d’un vieux renard qui connaît chaque trou du terrain. Trois fois, le drapeau malgache a grimpé au mât sous les you­yous des supporters rouge et vert. Quatre serait historique, un exploit que même les plus grands pays de la discipline n’affichent pas à leur palmarès.
Pourtant, cette année, l’his­toire a un goût amer. L’Etat via le MJS, comme trop souvent quand il s’agit de sport autre que le foot ou le rugby, a fermé la caisse. Billets d’avion, hébergement, perdiem : tout sort de la poche des joueurs, de leurs clubs, d’une poignée de mécènes et de la fédération qui croient encore que la pétanque malgache mérite mieux que l’indifférence. On part donc en Mau­ritanie le ventre vide de subventions mais la tête pleine de rage.
Côté répartition des forces, la fédération a misé sur l’expérience et la complémentarité. Baloty, ce pointeur chirurgical capable de coller le cochonnet comme une sangsue, défendra nos couleurs en individuel. Mamy Ronaldinho, le tireur d’élite dont le bras ressemble à un canon de 75 quand il s’aligne pour le tir de précision, aura la lourde tâche de ramener les points dans cette épreuve si cruelle où un millimètre change tout. En doublette, la paire Salohy-Mamy Ronaldinho fait déjà saliver: l’un place avec la douceur d’un amoureux, l’autre explose avec la violence d’un orage tropical. Enfin, la triplette reine, celle qui porte nos rêves de quatrième étoile, réunira les quatre mousquetaires: Salohy au milieu pour boucher les trous, Baloty et Fakr en pointeurs diaboliques, Mamy en finisseur impitoyable.

Naisa

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