Jeunesse en alerte. Face à la sexualité précoce chez les jeunes, aux violences basées sur le genre et aux abus numériques, le projet Hay’Zara forme une nouvelle génération d’influenceurs capables d’informer, de prévenir et de mobiliser leurs pairs dans tout le pays.
Le Mouvement Malagasy pour le Planning Familial (MMPF), en partenariat avec Studio Sifaka, vient de lancer à Ilafy une initiative d’envergure destinée à renforcer la sensibilisation des adolescents et des jeunes. Soutenu par l’Ambassade de France, le projet Hay’Zara place les jeunes au cœur du dispositif, considérant qu’ils sont les mieux placés pour faire passer des messages de prévention auprès de leurs pairs.
Les statistiques rappellent l’ampleur du défi. Selon l’EDS 2021, 18 % des filles de 15 à 19 ans ont connu une initiation sexuelle avant 15 ans, tandis que le taux de VIH chez les jeunes femmes atteint 3,8 %. A cela s’ajoutent les tabous persistants des règles menstruelles et des violences en ligne de plus en plus fréquentes. A ce sujet, près de 60 % des élèves interrogés affirment avoir été victimes ou témoins de cyberharcèlement.
Pour y répondre, le programme a sélectionné des jeunes issus de plusieurs régions afin d’assurer une diversité culturelle et linguistique. Ils suivent actuellement une formation de dix jours portant sur la santé sexuelle, la prévention des violences, la communication digitale et la création de contenus.
«Les jeunes doivent devenir les porteurs du changement», rappelle Juliana Faniloniaina, coordinatrice du projet, soulignant l’importance d’une approche proche du terrain.
16 jours d’activisme
Les influenceurs formés participeront pleinement à la campagne internationale des 16 jours d’activisme. Le dispositif bénéficie également de l’appui de la Direction de la Cybercriminalité, qui intervient sur les risques numériques, comme thème central. Des sessions d’information permettront aux participants de mieux comprendre les protections juridiques et les comportements à adopter en ligne.
Pour certains de ces nouveaux ambassadeurs, l’engagement est directement lié à leur vécu. Tolotsoa Victorien, originaire de la région Anosy, explique que «Les discriminations et les menaces en ligne sont fréquentes. Beaucoup de jeunes ne savent pas comment réagir. Je veux contribuer à changer cela.».
Dans le même registre, Francia de Boeny, insiste sur la nécessité de lutter contre les mariages d’enfants, «Sensibiliser les familles et encourager la scolarisation sont cruciaux pour protéger les jeunes filles».
Les contenus produits par ces jeunes influenceurs seront relayés par les radios partenaires de Studio Sifaka, notamment celles du réseau Santé Nakà, afin d’atteindre un large public. Le projet s’étend sur quatorze mois, avec l’ambition d’installer une culture durable de protection, d’information et d’égalité.
Fahranarison




