Il y a des jours où l’on se demande vraiment comment fonctionne l’Assemblée nationale quand on écoute les discussions et les échanges au sein de cette institution. Pendant que certains députés s’indignent de la qualité de leur repas, d’autres ne peuvent s’empêcher de hurler sur leurs collègues au moment même où ceux-ci tentent de prendre la parole. A quelques rangs de là, une partie de l’hémicycle préfère bavarder dans les couloirs, comme si les séances plénières n’étaient qu’un fond sonore lointain.
Pendant ce temps, une autre catégorie choisit d’interpeller le gouvernement à voix haute, tantôt sur des sujets d’intérêt public, tantôt sur des préoccupations… disons plus personnelles. Ajoutons à ce joyeux désordre les changements de bords politiques aussi soudains qu’inattendus. Le résultat ? Un véritable capharnaüm. Voilà, très concrètement, à quoi ressemble parfois le palais de la démocratie.
Pour autant, Madagascar n’est pas une exception. Partout dans le monde, des scènes similaires rythment la vie des Assemblées. On se souvient de ces hémicycles étrangers où des élus en viennent aux mains, où des chaussures volent plus vite que des amendements, où l’on voit des pancartes brandies comme des boucliers. Alors, pourquoi s’en étonner encore ? Peut-être parce que l’on attend de la représentation nationale un minimum de tenue.
D’autant plus que l’Assemblée nationale, comme tant d’autres, devrait être un miroir reflétant un pays avec ses contradictions et ses dérapages. On peut sourire, s’agacer, se lamenter. Mais on peut aussi espérer qu’un jour, l’esprit de la démocratie reprenne le dessus sur le brouhaha. Et qu’on débatte vraiment pour éviter de transformer une institution essentielle en spectacle permanent.
Rakoto




