En cette Journée internationale de lutte contre le VIH/Sida, Madagascar se confronte à une statistique alarmante. Sur 90.000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH), plus de 58.000 ne savent pas qu’elles sont infectées, selon les dernières estimations des autorités sanitaires. Chaque jour, ces individus peuvent, sans le savoir, transmettre le virus autour d’eux.
Les nouvelles infections touchent majoritairement les jeunes adultes de 20 à 49 ans, un signal d’alarme pour la société et les familles. Le thème de cette année, «Surmonter les obstacles, renforcer les stratégies de lutte contre le VIH/Sida », rappelle que le silence et la peur sont des ennemis plus dangereux que le virus lui-même. Le choix du thème traduit clairement la volonté du pays de franchir un cap décisif dans la prévention, l’accès au traitement et la lutte contre la stigmatisation. Lors de la cérémonie officielle, hier à Bemasoandro Itaosy, la ministre de la Santé publique, Dr. Monira Managna, a souligné : « Le VIH se traite très bien et gratuitement. Avec un suivi régulier, les personnes infectées peuvent vivre pleinement leur vie. » Pourtant, la stigmatisation et le manque d’information continuent de freiner le dépistage, laissant des milliers de personnes exposées au risque de contamination.
En parallèle du dépistage, des services de santé gratuits ont été mis à disposition, mais les experts appellent à une mobilisation massive : sensibilisation, dépistage et traitement doivent devenir des réflexes collectifs pour endiguer l’épidémie. Le message est clair : ignorer le VIH n’est pas une option. Chaque test, chaque traitement et chaque information diffusée peut sauver une vie – et stopper la propagation.
Une maladie désormais maîtrisable
Les professionnels de santé rappellent un message essentiel : le VIH ne condamne plus. Grâce aux traitements actuels, gratuits dans la Grande île, les PVVIH peuvent mener une vie pleinement normale dès lors qu’elles suivent régulièrement leur thérapie. Au-delà des chiffres, le combat se joue aussi sur le terrain social. La honte, la peur du regard des autres et la désinformation restent parmi les principaux freins au dépistage. Les organisateurs appellent à un changement durable dans les mentalités : « l’exclusion ne protège personne, l’information protège tout le monde », a-t-on indiqué.
Fahranarison




