La Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, célébrée hier à la Bibliothèque nationale de Madagascar à Anosy, a été l’occasion pour rappeler l’importance de la préservation, l’accès et la promotion de cet héritage qui façonne notre mémoire collective.
«Initialement prévue le 27 octobre, la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel est célébrée aujourd’hui en raison d’une situation politique exceptionnelle à Madagascar. Bien plus que de simples archives, ces ressources sont un pilier de notre identité culturelle. Quand ces biens sont détruits, une partie de notre histoire disparaît avec eux. Mais lorsqu’ils sont bien préservés, ils deviennent de précieux héritages pour la nation, les chercheurs, les élèves et les générations futures », souligne Hasiniaina Rajaonarivelo, chargée de programme communication et information au sein de la Commission nationale malgache pour l’Unesco.
La journée a été marquée par la visite de stands par les étudiants membres du Réseau de l’Unesco et ceux du parcours Information, documentation, archivistique et musélogie (Idam) du département d’histoire de l’université d’Antananarivo, ainsi que par la projection de films et d’archives audiovisuelles malgaches restaurées. Une conférence-débat sur le thème de la sauvegarde du patrimoine audiovisuel à Madagascar a également eu lieu, avec la participation de Vero Rabakoliarifetra (Réalisatrice), Laza Razanajatovo (Directeur fondateur du festival Madagascourt), Anatole Ramaroson (Directeur artistique du festival Ant’Sary Doc) et Lova Randriambololonirina (Fondateur du cabinet Profiler). Les intervenants ont rappelé que le premier film de fiction tourné en Afrique et réalisé entièrement par des Africains est une œuvre malgache, « Rasalama Maritiora », un documentaire sur Rafaravavy Rasalama, première martyre chrétienne malgache, réalisé en 1937 par Philippe Raberojo.
La présidente du Comité national malgache Mémoire du monde, Sahondra Sylvie Andriamihamina a pour sa part manifesté sa volonté de travailler avec les institutions, médias, chercheurs, artistes et les jeunes dans une dynamique collective pour la valorisation du patrimoine audiovisuel – films, vidéos, enregistrements sonores, émissions de radio et de télévision – qui met en lumière l’histoire, les cultures et les émotions de Madagascar. « A l’ère du numérique, il est important de rappeler l’importance du patrimoine audiovisuel dans l’enseignement et le travail de recherche, de réfléchir ensemble sur notre rôle dans la préservation du patrimoine audiovisuel malgache et sur la création de structures pour sauvegarder, archiver et promouvoir ces biens communs », a-t-elle conclu.
Joachin Michaël




