La capitale franchit une étape importante vers l’inclusion avec l’introduction de la Carte rouge, un dispositif destiné à faciliter l’embarquement des personnes handicapées et âgées dans les transports publics tout en améliorant la fluidité du trafic.
Une innovation sociale soutenue par le ministère de la Population et des solidarités (MPS), les coopératives de transport, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) et les forces de l’ordre.
L’usage de la carte rouge permettra de signaler immédiatement aux agents de circulation qu’une personne à mobilité réduite monte ou descend du véhicule. Une simple action, mais aux effets majeurs : réduction des embouteillages, meilleure gestion des arrêts et surtout fin des discriminations courantes. L’initiative a été lancée officiellement cette semaine au Motel à Anosy à travers la signature du «Dinan’ ny Fitateram-bahoaka Mampiaty» pour les transports à Antananarivo et ses environs, un évènement entrant dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale des personnes handicapées.
«Les bus hésitent parfois à nous prendre». Cette réalité, Andrianavahy, une femme en situation de handicap, la vit au quotidien. «Je ne sors presque plus. Lorsque je dois me déplacer, j’ai toujours besoin de quelqu’un pour m’accompagner. Parfois, j’essaie de me débrouiller seule, mais je ne sais jamais si quelqu’un m’aidera. Souvent, on m’aide, mais pas toujours. Quoi qu’il en soit, je dois chercher des solutions.». Son témoignage illustre l’un des blocages majeurs : la peur des chauffeurs d’être sanctionnés pour un arrêt trop long.
Selon le Directeur d’appui aux personnes handicapées et âgées au sein du MPS, Rolland Rabemanantsoa, cette situation pousse certains transporteurs à éviter les personnes handicapées.
Un Dina pour changer les pratiques
La carte rouge s’accompagne d’un Dina, signé par le ministère, l’ATT, la CUA, l’UCTS, l’UCTSFA, l’UCTU et plusieurs coopératives de transport. Il fixe les règles d’utilisation et la coordination entre les acteurs du transport public. Lydia Sendraharisoa Rabendrainy, coordinateur de l’association SAIOMF Mada, insiste sur l’importance symbolique et pratique de cette avancée. « Pour nous, personnes handicapées, l’engagement des autorités et des coopératives est capital. Le respect de la carte rouge demande une prise de conscience individuelle »
Le ministère prévoit d’étendre la carte rouge dans toutes les régions.
Fahranarison




