Attendons de voir

Avant même le lancement officiel de la concertation nationale, des voix se sont faites entendre pour dénoncer les imperfections qui entourent l’organisation de cet évènement crucial pour le pays. Bien entendu, on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’elle soit parfaite vue le temps dont on a disposé pour la mettre en place.
Mais quoi qu’il en soit, certaines entités se sont senties exclues en n’ayant pas reçu une invitation. Dans ce cas-là, c’est un problème grave car la concertation est censée être inclusive avec la participation de toutes les parties prenantes. D’autant plus qu’il s’agit d’une partie de la population qui a joué un rôle déterminant dans l’avènement du régime actuel, à savoir les jeunes.
D’autres voix ont avancé que les concertations nationales relatives à la refondation ne doivent pas se tenir avant une concertation nationale qui devrait définir le cadre formel de l’organisation de la transition en cours. Et cela devrait aboutir à l’élaboration d’une Charte de la Transi­tion et sa feuille de route. Cela devrait apporter plus de clarté sur les tenants et les aboutissants de la transition.
Effectivement, dans leur empressement d’éviter des ratés de la machine administrative, il semblerait que les nouveaux dirigeants aient mis les bœufs avant la charrue. Pour eux, le plus pressé était de remplir les chaises vides sans vraiment avoir eu le temps de marquer un véritable changement dans la manière de faire comme précédemment.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles on avance que la Transition actuelle n’est que le simple remplacement du régime qui vient d’être déchu. Et pire encore, certaines têtes n’ont pas changé ! Mais il n’est pas trop tard pour rattraper
toutes ces contradictions dans la mesure où les consultations débuteront à la base, c’est-à-dire, les fokontany. On espère ainsi la participation de tous, sans exception et tout le monde pourra se faire entendre.
Le vrai problème est de savoir par quels moyens peut-on avoir la certitude que toutes les idées, propositions, aspirations … des citoyens ayant participé aux concertations au niveau le plus élémentaire, à savoir, le fokontany, seront réellement et exactement considérées et rapportées. Il ne s’agit pas seulement de participer mais surtout que tout un chacun apporte sa contribution.
Il faut savoir que des groupes de personnes ont déjà certainement une idée de ce qu’ils vont proposer lors de ces consultations. Leur participation à la concertation nationale n’a qu’un seul objectif : que leurs idées triomphent dans leurs intérêts particuliers. C’est ce qu’il faut essayer d’éviter. Mais pour le moment, on ne peut que rester dans l’expectative. Autrement dit, attendons de voir.

Ranaivo Lala Honoré

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