Filières arachide et maïs: Madagascar intensifie la lutte contre les aflatoxines

Madagascar se mobilise pour enrayer la contamination des cultures par les aflatoxines, ces toxines naturelles qui menacent la santé publique et fragilisent les filières agricoles. Hier, un atelier national consacré à ce sujet s’est tenu à l’hôtel Ibis Ivandry, réunissant les ministères concernés, des chercheurs, des acteurs privés ainsi que des représentants des filières maïs et arachide.
Selon Nomenjanahary Saholy Ramiliarijaona, directrice de la Protection des végétaux (DPV) au ministère de l’Agri­culture et de l’Élevage (Minae), des prélèvements ont été effectués dans les principales zones de production, notamment les Hautes Terres, le Boeny et le Sud. Les premiers résultats confirment des niveaux préoccupants de contamination dans l’arachide, une situation déjà responsable du refoulement de cargaisons malgaches sur les marchés européens et indonésiens.
Pour y remédier, les chercheurs malgaches s’apprêtent à développer une solution de biocontrôle adaptée au contexte local. L’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), en partenariat avec le Minae et le centre de recherche Fofifa, prépare la mise au point d’un produit
de type « Aflasafe », déjà éprouvé ailleurs en Afrique. « L’objec­tif est de disposer d’un biopesticide spécifique à nos conditions agroécologiques », explique Santatra Herilalaina Ravelomanan­tsoa, chef du département de Recherches agronomiques du Fofifa.

Bonnes pratiques
Pour Madagascar, la maîtrise des aflatoxines consiste à : protéger les consommateurs, sécuriser la compétitivité des filières agricoles et limiter les pertes économiques. L’atelier d’hier visait à partager les dernières connaissances scientifiques sur les aflatoxines et à présenter les données nationales collectées sur les cultures vivrières.
Les participants ont également discuté du déploiement futur d’Aflasafe, des bonnes pratiques avant et après récolte, ainsi que des mécanismes de coordination nécessaires à une gestion durable du risque.
La journée a alterné exposés techniques, sessions interactives et table ronde sur les perspectives de collaboration. Les échanges ont permis de formuler plusieurs recommandations, notamment la poursuite des essais locaux et le renforcement de l’accompagnement des producteurs.

Arh.

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