Indice de développement humain: Mobiliser le secteur privé

« Le développement progresse à Madagascar, mais les inégalités restent un défi majeur », a indiqué le Pnud dans son communiqué relatif au lancement officiel du 7ᵉ Rapport National sur le Développement Humain (RNDH), sur le thème, « Résilience économique et développement humain », hier au Novotel à Ivandry. Pour renverser cette tendance, outre l’accès à l’éducation, à la santé et au niveau de vie, stimuler la création d’emplois dans le secteur privé, reste aussi la pierre angulaire du développement, selon le ministre de l’Economie et des finances, Dr Herinjatovo Ramiarison.

«Ce rapport intervient dans un contexte où Madagascar a subi une succession de crises : pandémie de Covid-19, répercussions du conflit russo-ukrainien, instabilités politiques internes et aléas climatiques tels que cyclones et sécheresses », a souligné le Pnud. Et tout cela a ralenti la croissance économique, accéléré la pauvreté et creusé des inégalités, malgré un léger progrès de 0,525 de l’IDH en 2023.
Et parmi les domaines les plus touchés par les inégalités entre les zones urbaines et rurales, figure en premier lieu l’éducation avec un indice estimé à 0,284 contre 0,449 pour l’indice standard, soit une perte de 36,8%. « En 2022, 34% des personnes vi­vant en zone rurale, étaient sans instruction, contre 12% en milieu urbain », d’après les statistiques fournies par l’Instat en 2022. A ce sujet, l’IDH ajusté aux inégalités chute à 0,386, soit une perte de 26,5 %.

Soutenir le secteur privé

D’après toujours ce rapport, malgré une relative résilience du secteur agricole et de l’économie bleue, l’industrie reste particulièrement vulnérable aux chocs. Certains indicateurs progressent, notamment dans le domaine de la santé, mais les disparités sociales et territoriales restent flagrantes dans le secteur de l’emploi. Pour cause, les taux de croissance économique et de productivité sont faibles pour créer des emplois décents. A Ma­da­gascar, près de 90 % des travailleurs exercent dans l’informel, d’une manière précaire qui ne garantit ni revenus stables ni protection sociale.
Dans ce cas, « il faut stimuler la croissance économique et augmenter la capacité de production pour créer des emplois dans le secteur privé et mettre fin aux filets de sécurités devenus indispensables, afin de mieux lutter contre la paupérisation », a déclaré le ministre de l’Economie, Dr Herin­ja­tovo Ramiarison.
« Il n’est pas question d’imposer notre politique, mais de concerter avec le secteur privé dans l’objectif d’adopter une solution approuvée par tous. Il est primordial d’appuyer le secteur privé, qui représente un moteur de création d’emplois », a-t-il ajouté.
Paradoxalement, Mada­gas­car conserve une em­preinte écologique parmi les plus faibles au monde, avec des émissions de CO₂ dérisoires. Un avantage comparatif que le rapport appelle à préserver, tout en évitant qu’une croissance mal maîtrisée n’aggrave les vulnérabilités existantes.

Inégalités régionales

« Certaines régions notamment le Grand Sud vivent dans des situations de grande vulnérabilité », a précisé Edward Christow, Représentant résident du Pnud à Madagascar dans son allocution.
La seule région de la Grande Ile à avoir pu dépasser le score de 0,550 est la région Analamanga, avec un score de 0,589 en 2023.
La région Atsinanana arrive à la seconde place, créditée de 0,537 d’IDH, suivie par Diana enregistrant un score de 0,517 et Sava (0,503).
« Le concept de développement humain nous rappel une vérité simple que le progrès d’un pays ne se mesure pas seulement à la croissance économique du PIB, mais à la qualité des vies de ces citoyens », a-t-il déclaré
Dans ce sens, Mada­gas­car doit absolument penser à réduire les inégalités, renforcer la résilience et investir dans la capacité humaine pour espérer atteindre le développement véritable. Pour ce faire, Edward Chris­tow a précisé que ce rapport donne une direction claire à suivre.
De son côté, le ministre de l’Economie et des finances, a noté que « ce rapport revêt une importance majeure pour Madagascar. Il dresse une lecture rigoureuse de notre situation socio-économique, à partir d’indicateurs clés comme l’Indice de Développement Humain, l’Indice de Développe­ment du Genre, ainsi que des mesures qui intègrent les inégalités encore présentes dans notre société. Il analyse aussi un enjeu essentiel, celui de notre capacité de résilience face aux chocs ».
Face à ces défis, le Pnud rappelle que la résilience économique définie par l’ONU comme la capacité à prévenir, absorber et surmonter les chocs tout en assurant un développement durable, s’impose comme une priorité nationale.

Jean Riana

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