Anarchie totale

Le secteur des transports est l’un des domaines où règnent l’anarchie, le non-respect des règles et la corruption. On en vient parfois à se demander s’il existe réellement des autorités chargées de réguler ce secteur. Ce qui frappe, c’est que chacun agit à sa guise. Vélos, scooters et motos, voitures particulières, véhicules de trans­port de marchandises et surtout transports en commun, aussi bien en ville qu’en milieu rural, n’en font qu’à leur tête.
Des formations sont organisées pour les chauffeurs et receveurs des taxi-be afin de les sensibiliser au respect des passagers et du cahier des charges. Des campagnes de sensibilisation et des sanctions sont mises en place, mais la réalité reste la même. Les arrêts ne sont pas respectés : on prend et on dépose les passagers là où l’on veut. Ils font demi-tour en cours de route sans atteindre le terminus. Malgré les protestations sur les réseaux sociaux, rien ne change. Ceux qui sont sanctionnés le sont, mais ceux qui passent entre les mailles du filet continuent leurs pratiques.
La police a décidé de ne pas sanctionner momentanément les transporteurs afin de les amener à prendre conscience de leurs responsabilités, sans attendre une sanction pour changer de comportement. Les transporteurs n’ont pas compris que cette décision visait avant tout à rompre avec la pratique consistant à donner et à recevoir des pots-de-vin. Le résultat est exactement l’inverse : la situation s’est encore aggravée, car les mauvaises habitudes ont repris de plus belle en l’absence de sanctions. Au-delà des taxi-be, les motos et les bicyclettes sont désormais presque aussi nom­breuses que les piétons, ce qui accentue davantage le désordre.
Les dysfonctionnements du secteur des transports chez nous dépendent toutefois de plusieurs facteurs. Partout, le principe est clair : le marché pour les commerçants, la route pour les véhicules et le trottoir pour les piétons. Or, ce n’est plus le cas. Chacun agit à sa guise, ce qui plonge le secteur dans un chaos total. A cela s’ajoute la dégradation continue des routes : un trajet qui devrait durer une demi-heure prend plus d’une heure, poussant les transporteurs à adopter des comportements irresponsables. Qui blâmer alors ? C’est une maladie qui nécessite un traitement d’urgence.

 Rakoto

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