Le ministère et les offices régionaux du tourisme auront du pain sur la planche. Le secteur est à refonder pour espérer des résultats positifs à la hauteur des attentes et de l’image de la Grande île. Et les acteurs ont crevé les abcès lors de l’Assise nationale qui a pris fin hier au Colisée Ampasanimalo.
Pendant deux jours de l’Assise nationale pour la refondation du tourisme, les acteurs nationaux et régionaux du secteur, ont fait un tour d’horizon sur les obstacles à la promotion du tourisme à Madagascar. Deux problèmes de taille ont été relevés par tous les participants qui sont unanimes à constater les tarifs élevés du billet d’avion à destination de Madagascar et le mauvais état des routes nationales.
Pour les parties prenantes, tant que les billets d’avion demeurent chers et l’état des routes déplorables, faire du tourisme un véritable levier de croissance économique, reste une utopie.
A ce sujet, le Président de l’association des guides nationaux et des chauffeurs touristiques d’Analamanga, Andry Lalaina Ravoninjatovo, a précisé que « la destination Madagascar demeure la plus chère sur le marché international. A vrai dire, ce sont les taxes prélevées par l’Etat qui rendent les prix exorbitants».
Et d’ajouter, « Non seulement les routes en piteux représentent un danger pour les usagers, mais sont également favorables aux attaques armées sur plusieurs axes ». En un mot, la dégradation des routes freine le développement du tourisme national et local. Du coup, le tourisme à Madagascar est en perte de compétitivité qui ne contribue pas à l’attractivité de la Grande île.
Dans cette optique, la ministre du Tourisme et de l’artisanat, Lily Rafaralahy a indiqué que le tourisme est un secteur transversal. La résolution des problèmes ne relève pas seulement de sa responsabilité, mais requiert également la contribution active des divers ministères tels que ceux des Travaux publics, le ministère des Transports et de la météorologie, de l’Economie et des finances…
« Néanmoins, les voix des acteurs ont été entendues durant ces deux jours ce qui nous permettra d’avancer vers notre objectif. L’Assise a pris fin, mais la consultation se poursuit toujours en ligne pour permettre à ceux qui n’ont pas pu y assister, de porter leur voix en vue de la refondation du tourisme », a-t-elle conclu.
11 thèmes débattus
Cette assise a été une occasion pour les parties prenantes de débattre autour des 11 thématiques, pour arriver à une série de recommandations destinée à appuyer la prise de décision.
Il a été proposé d’accélérer la digitalisation et la modernisation des services touristiques, renforcer la sécurité touristique dans des zones à risques. L’accès et la gestion du foncier, pour un tourisme écoresponsable et durable, ont également été avancés. L’accès à l’eau et à l’électricité restent aussi des enjeux majeurs dans le secteur touristique tout comme la formation et le renforcement des capacités. Et pas des moindres, renforcer la compétitivité, revoir le montant des impôts et attirer des investissements…
Jean Riana




