S’attendre à des miracles

A la fin de la dernière session ordinaire de l’année, les députés semblent être enfin sortis de leur sommeil. Ainsi, ont-ils décidé de mettre en place plusieurs enquêtes parlementaires simultanées. C’est une première dans l’histoire politique du pays qu’une telle décision est prise au niveau de l’Assemblée natio­nale.
Parmi les principales enquêtes qui vont être menées, on peut citer, entre autres, Air Ma­dagascar, QMM, Am­ba­tovy… Comme on peut le constater, de nombreux et divers domaines sont concernés. Rien que sur ces trois dossiers, les enquêteurs vont avoir du pain sur la planche.
Avec ces nombreuses enquêtes, certaines personnes vont dire que les députés font preuve d’un excès de zèle. Mais à bien y penser, il y a tellement « d’affaires sombres » dans le pays que le principal est de commencer à s’y pencher. On verra bien par la suite ce qui en sortira.
Bien entendu, il y a beaucoup d’autres su­jets qui mériteraient de faire l’objet d’une en­quête parlementaire, ne serait-ce que les nom­breux cas de corruption de haut niveau dont les dossiers y afférant ont été classés dans les ou­bliettes. Il est peut-être temps de les dépoussiérer.
Si vraiment, on veut changer les choses, ces enquêtes parlementaires ou autres, ne doivent pas se limiter au seul régime orange. Bien avant, il y avait de nombreux dossiers sulfureux concernant des sujets intéressants qui méritent d’être revus. Le cas échéant, cela montrerait qu’on ne s’acharne pas sur le régime orange.
Avec toutes ces en­quêtes à venir, tout au moins, les députés au­ront de quoi vraiment s’occuper. Encore faut-il savoir si ces enquêtes seront menées en bonne et due forme. Effective­ment, on peut se demander si l’Assemblée nationale dispose des personnes requises pour mener à bien ces enquêtes.
Effectivement, ce sont des types d’enquêtes qui requièrent des compétences techniques bien spécifiques. La raison est que, quand on ne sait pas ce qu’on cherche,on ne sait pas ce qu’on trouve. Le plus à crain­dre est qu’il ne s’agisse pas d’enquête de façade, donc de complaisance.
De toutes les façons, les enquêteurs pourront toujours se faire assister par des spécialistes qui pourront leur expliquer les tenants et aboutissants de chaque point d’enquête qui mérite d’être bien connu. Il ne faut pas oublier qued’énormes intérêts sont en jeu, aussi bien pour l’Etat malgache que pour les investisseurs.
Ces enquêtes doivent être menées le plus vite possible dans l’intérêt de la partie malgache. Malheureusement, prendre une rapide décision ne figure pas toujours parmi les bonnes qualités de nos décideurs. Mais on est en pleine période de Noël, on peut encore s’attendre à des miracles.

Ranaivo Lala Honoré

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