Comme il fallait s’y attendre, les espoirs déçus commencent chez les jeunes. Après l’euphorie du premier mois ayant suivi la disparition de l’ancien gouvernement, des voix s’élèvent déjà ces derniers temps. Et pour cause, le chemin emprunté par le nouveau régime ne semble pas faire l’unanimité. Loin de là.
Un sentiment d’avoir été volé s’installe chez une partie de la jeunesse qui a rencontré récemment la presse. Car pendant que les jeunes occupaient l’espace public, rêvaient à voix haute et réclamaient un changement, les politiques, eux, ont rapidement repris la main. Comme souvent d’ailleurs.
Faut-il rappeler qu’au moment fort de la crise, lorsque les jeunes se mobilisaient sur la place d’Ambohijatovo, les « grandes personnes » esquissaient déjà, en coulisses, une porte de sortie à la crise. Une sortie qui, avec le recul, ressemble davantage à un réaménagement du système existant qu’à une refondation annoncée en grande pompe. C’est d’ailleurs pour cela que tous ceux qui ont été mis à l’écart durant l’ancien régime, sont maintenant de retour aux affaires. Peu importe leur situation sur le plan judiciaire. Certains sont nommés directeurs de cabinet, d’autres conseillers quelque part. A partir du moment où vous étiez contre l’ancien régime, vous êtes les bienvenus. Un recyclage en quelque sorte. Eh oui, c’est le cas ces derniers temps. Le retour aux affaires des anciens.
La jeunesse n’est en tout cas pas naïve, même si la déception est palpable. C’est pour cela que les piqûres de rappel se font de plus en plus avec insistance sur les réseaux sociaux. La balle est désormais dans le camp du pouvoir. Soit il accepte d’écouter cette jeunesse, de l’associer réellement et de corriger le tir, soit il prend le risque de nourrir une frustration durable.
Rakoto




