Redevances de concession: l’Etat débloque les fonds pour sécuriser les aéroports

Le Conseil des ministres du 22 décembre a validé le versement exceptionnel d’une année de redevance de concession au profit de l’Adema, l’organisme public chargé de la gestion des aéroports régionaux à Madagascar. Le montant alloué atteint trois millions d’euros, soit près de quinze milliards d’ariary.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions autour de la redevance de concession, prélevée par Ravinala Airports sur les billets d’avion à Ivato et Nosy Be, avant d’être reversée à l’État puis à l’Adema, afin de compenser la perte des aéroports les plus rentables. Ravinala Airports affirme avoir honoré ses obligations. «Les montants dus ont été réglés, soit par paiement direct, soit par compensation avec les dettes d’Air Madagascar», indique le gestionnaire.
Depuis plusieurs années, l’absence de reversement régulier de cette redevance
a fortement limité les
ca­pa­cités financières de l’Ade­ma. «Le manque de ressources a ralenti l’entretien des pistes, des aires de stationnement et des équipements techni­ques», reconnaît un responsable de l’organisme. Certaines infrastructures ont ainsi subi une dégradation progressive, faute de travaux de maintenance suffisants.
Les conséquences se sont fait sentir sur les équipements sensibles. Les aides à la navigation aérienne, les dispositifs de secours et les moyens de lutte contre l’incendie ont été particulièrement affectés.
«Nous avons constaté des dysfonctionnements récurrents, avec un risque réel d’interruption du trafic dans plusieurs aéroports régionaux», souligne une source proche du dossier.
Sécurité des passagers
Face à ces difficultés, les enjeux dépassaient le seul cadre technique. La sécurité des passagers pouvait être compromise, tandis que l’économie nationale et le secteur touristique se retrouvaient exposés à des fermetures temporaires ou à des restrictions opérationnelles. «La continuité du trafic aérien est un pilier de la connectivité du pays», avait déjà rappelé le ministre des Transport et de la Météo­rologie.
Le déblocage de cette en­veloppe permet désormais d’engager des actions urgentes. Les fonds serviront à re­mettre à niveau les infrastructures, à fiabiliser les équipements et à améliorer les condi­tions d’exploitation des plateformes aéroportuaires. «Ces travaux peuvent enfin démarrer sans délai», se félicite l’Adema.

Arh.

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