Colline d’Antananarivo: un risque d’éboulement imminent menace 1.490 foyers

Les hauteurs d’Antananarivo retiennent leur souffle. En pleine saison des pluies, un danger silencieux mais bien réel plane sur plusieurs quartiers. Une vingtaine de blocs rocheux, pesant chacun plusieurs tonnes, présentent aujourd’hui des fissures inquiétantes dans les zones en altitude. Fragilisés par les pluies continues, ces rochers pourraient céder à tout moment, exposant près de 1.490 habitations à un risque majeur d’éboulement.

La menace est sérieuse. Les techniciens du Bu­reau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), l’ont confirmé dans une annonce urgente postée hier soir sur la page Facebook de cet organisme. « Même un simple impact de foudre peut suffire à provoquer la chute de ces blocs », alertent-ils. Un scénario re­douté, alors que les intempéries persistent sur la capitale.
Les quartiers les plus exposés se situent sur les collines et leurs alentours. An­kadilalana compte à lui seul 130 maisons gravement me­nacées, Ambohipotsy 170, Faliarivo Ambanidia 110, tandis qu’Ankazotokana Am­bony, Andafiavaratra et Ambohitsiroavana totalisent au moins 320 habitations à risque, sans compter d’autres zones déjà sous surveillance.
Face à l’urgence, les autorités ont enclenché la riposte. Une réunion d’urgence, con­duite par le Préfet de Police d’Antananarivo, s’est tenue hier afin d’anticiper des dé­cisions rapides et opéra­tionnelles. La Préfecture, le BNGRC et la Commune ur­baine d’Antananarivo (CUA) ont affirmé leur engagement à prendre les mesures nécessaires pour protéger les po­pulations exposées.

Inquiétudes

Au-delà des chiffres, l’inquiétude est palpable chez les habitants des hauteurs.
« Chaque nuit de pluie, nous dormons d’un seul œil. On entend parfois des craquements dans la colline, et on se demande si la roche ne va pas céder », confie un père de famille d’Ankadilalana. A Ambohi­po­tsy, une riveraine raconte vivre dans l’angoisse permanente. « Quand il pleut fort ou quand il y a de l’orage, on rassemble les enfants et on se tient prêts à fuir. Nous n’avons nulle part où aller, mais rester est aussi une peur constante», a-t-elle témoigné.
Pour beaucoup, l’attente de mesures concrètes est devenue urgente. « Nous espérons que les autorités agiront vite, avant qu’un drame ne survienne », plaide un habitant d’Ambanidia. Dans une capitale déjà éprouvée par les aléas climatiques, ces voix rappellent que derrière les statistiques, ce sont des familles entières qui vivent sous la menace, jour et nuit.

 Fahranarison

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