Exceptionnelle

En cette fin d’année, l’annonce a fait beaucoup d’heureux avant les fêtes. Le gouvernement a en effet décidé d’octroyer une prime exceptionnelle à l’ensemble des fonctionnaires et agents non encadrés, à l’exception de ceux du ministère des Finances. Sans surprise, la nouvelle a réjoui bon nombre de foyers le temps d’un week-end. Il faut reconnaître que cette satisfaction est légitime.
Depuis plusieurs années, les salaires de la fonction publique n’ont pas connu de revalorisation tandis que le coût de la vie n’a cessé de grimper. Dans ce contexte, l’annonce de cette prime a été accueillie comme un soulagement. Même si les autorités ont pris soin de préciser qu’il s’agit d’une mesure ponctuelle, donc sans caractère pérenne. Cependant, derrière l’enthousiasme se glissent quelques interrogations qui méritent d’être posées.
D’autant plus que, quelques jours auparavant, le porte-parole du gouvernement avait publiquement affirmé que les caisses de l’État étaient vides. Une déclaration qui devrait justifier donc un discours de politique d’austérité. Ce n’est visiblement pas le cas. On se demande alors d’où proviennent les fonds ayant permis de financer cette prime exceptionnelle ?
A l’heure où la transparence est érigée en principe de gouvernance, il serait opportun que l’origine de ces ressources soit clairement expliquée. Non pas pour remettre en cause le bien-fondé de la prime mais tout simplement pour préserver sa crédibilité. Cette interrogation n’est aussi en aucun cas dirigée contre les agents de l’État, qui méritent pleinement la considération et le respect qui leur sont dus. Elle s’inscrit plutôt dans une exigence de cohérence entre le discours officiel et les décisions prises.
A moins, bien sûr, que cette mesure ne relève d’une initiative essentiellement populiste, et donc destinée à apaiser les esprits en cette période de fêtes. Car si tel était le cas, le changement tant attendu risque encore de se faire attendre, et nous serions alors encore loin d’être sortis de l’auberge. Loin de là.

Rakoto

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