Après la crise du Covid-19, il y avait du chômage, des entreprises fermées, mais aussi une forte volonté de créer sa propre activité. A Toamasina et Moramanga, la relance économique post-Covid passe aussi par l’entrepreneuriat. Beaucoup se sont lancés, souvent seuls, avec des risques élevés de perte d’investissement.
Face à cette réalité, et après une concertation avec les autorités locales en 2022, le constat est partagé. Ambatovy a choisi de collaborer avec l’ONG Saint Gabriel à travers le programme «La Fabrique». Le but : identifier et accompagner 50 jeunes entrepreneurs en herbe à Toamasina et Moramanga.
L’accompagnement s’est structuré sur deux ans. La première année a été consacrée au renforcement des capacités en gestion d’entreprise. La seconde a répondu aux besoins spécifiques selon les secteurs. Artisanat, agriculture, services, restauration ou transformation agroalimentaire ont été concernés.
Sur les 50 bénéficiaires initiaux, 47 ont poursuivi le programme. Elles ont bénéficié d’un appui renforcé la deuxième année, incluant des stages spécialisés et un coup de pouce pour lancer leur activité. Résultat : 30 entreprises sont devenues formelles à la fin du parcours.
L’exemple de « Ni Création »
Parmi elles, «Ni Création», atelier de mode dirigé par Nivo Voahangy Randrianomanana, styliste-créatrice. «J’ai représenté Toamasina au projet Art’Mada en 2011. En 2021, j’ai postulé au programme pour développer mon activité de confection et de création», raconte-t-elle.
Grâce à La Fabrique, elle bénéficie de formations techniques et managériales. «J’ai appris la coupe, la couture, la gestion d’entreprise et surtout la gestion de trésorerie», souligne-t-elle. Ces acquis lui permettent de s’installer en centre-ville et d’investir dans des machines industrielles, dont une machine d’impression sur tissu.
Les obstacles restent nombreux. «La gestion de la trésorerie et du personnel est un grand défi, surtout après le confinement», confie-t-elle. Mais la formation fait la différence. «Sans cet accompagnement, j’aurais sûrement mis la clé sous la porte».
Aujourd’hui, Ni Création emploie deux salariés fixes, des prestataires et des stagiaires. «L’appui n’était pas financier, mais technique. J’ai appris à organiser mon temps, mes contrats et à améliorer la qualité», affirme la créatrice. Fidèle à sa vision, elle conclut : «J’apporte toujours ma touche personnelle pour éviter toute copie».
Pour dire qu’à Toamasina, l’entrepreneuriat local reprend forme grâce à Ambatovy et La Fabrique. Ambatovy, au-delà de ses activités minières, s’est engagée dans une démarche de responsabilité sociétale pour soutenir les jeunes porteurs de projets.
Arh.




