Rien ne justifie la violence et l’abus de pouvoir, en ce temps de transition. Ceux qui ont assisté à ce passage à tabac d’un commerçant du côté de l’Homi à Soavinandriana, n’en revenaient pas, surtout perpétré par des militaires sans état d’âme qui se sont littéralement défoulés sur leur « victime »prise en dépourvue. Autant dire que recourir à la force pour assouvir ses vengeances et se faire justice, alors qu’on vient de gagner ses éperons pour siéger en haut lieu, c’est paradoxal et inconcevable.
Les témoins oculaires ont cru qu’on en finit avec tout cela et plus jamais ça, qui vont aller à l’encontre des principes de la Refondation, défendus par le peuple durant les manifestations de la Gen « Z ». On a encore en mémoire l’image des jeunes manifestants molestés sans aménagements par les Forces de l’ordre ou celle d’un gendarme qui a arraché les cheveux à une dame, avant de les brûler, considéré comme un acte horrible de déshumanisation. Mais à force de chasser le naturel, il revient au galop avec des bruits de bottes.
Difficile de croire que le président de la République de la Refondation cautionne ce déchaînement haineux commis au vu de tout le monde qui va certainement nuire à l’image et la crédibilité de l’Etat. Sous cet angle, rétablir la confiance dans les institutions et les pouvoirs publics, parmi les six étapes du processus de la Refondation, est loin d’être gagné si on gouverne par la peur qui s’apparente à une violence étatique. Apparemment, on n’a pas tiré les leçons du passé, en se plaçant au-dessus de la loi.
Des explications officielles s’imposent afin que ce genre d’agissement ne devienne une norme pour régler des comptes. Car une telle brutalité révèle parfois la vraie nature d’un régime qui ferme les yeux devant sur les exactions commises par ses membres en toute « impunité ». Aucune violence n’est justifiable.
J.R




