L’ONG Humanité & Inclusion (HI) a opté pour la thérapie de stimulation communautaire dans l’Atsimo Andrefana, à travers son projet « Tialongo », pour prévenir les problèmes de développement liés à la malnutrition. D’après Jean Paul Voasaotse, un Agent communautaire de la nutrition (ACN) du Fokontany Ankilimasy, de la commune de Gogogogo, du district d’Ampanihy, cette initiative a rencontré le succès escompté dans sa zone d’intervention. Interview.
*Les Nouvelles : Comment êtes-vous devenu Agent communautaire de la nutrition (ACN) ?
– Jean Paul Voasaotse : Le secteur de la santé m’a toujours attiré. A défaut de n’avoir pu aller plus loin mes études, je suis devenu ACN après avoir été élu par l’assemblée de notre communauté villageoise (Fokonolona) et réussi un test écrit ainsi qu’un entretien réalisé par l’Office régional de nutrition (ORN) en 2008. Il y a dix-sept ans de cela.
*Quel parcours avez-vous suivi pour en arriver là ?
– On a suivi une série de formation continue suivie de stages pratiques, pour être en phase avec les réalités dans nos zones d’intervention. A noter que la plupart de nos cibles sont peu instruits. Ils ont peur du changement, notamment relatif à leur mode de nutrition. En plus, comme elles sont en majorité des paysannes, qui consacrent la majeure partie de leur temps à l’agriculture et l’élevage, elles croient que le fait de les sensibiliser à joindre les centres de nutrition pour suivre des formations, est une perte de temps.
*Comment avez-vous fait pour les convaincre ?
– En changeant de stratégie. Comme il s’agit d’une lutte contre la malnutrition, nous nous amenons avec de la nourriture pour faire une démonstration culinaire variée et nutritive à base d’aliments locaux, dont la dépense est prise en charge par l’ORN. C’est à travers ce repas offert gratuitement que nous avons réussi à enregistrer nos premières cibles. Et c’est durant la cuisson que la sensibilisation se déroule.
* Et c’est là que le projet « Tialongo » intervient…
-Afin de renforcer la lutte contre la malnutrition, l’ONG HI a mis en œuvre un programme de thérapie de stimulation communautaire, à travers une réadaptation à base communautaire ou RBC. Cela consiste à développer des activités de stimulation des enfants atteints de la malnutrition, mais aussi de former par la suite leurs parents à réaliser une stimulation appropriée de leurs progénitures. Lorsqu’un cas difficile se présente, l’enfant concerné est envoyé à l’hôpital d’Ampanihy pour suivre un traitement. Et force est de constater que cette nouvelle initiative de l’HI a rencontré le succès escompté. Elle est complémentaire avec la démonstration culinaire. Pour ce faire, HI nous a même offerts des ustensiles de cuisine.
* Qu’attendez-vous de ce projet ?
- Personnellement, je prône son extension dans d’autres régions et localités Comme vous le savez, les ruraux ont actuellement des besoins d’accompagnement pour leur développement, pour faire face aux effets néfastes du changement climatique dont la sécheresse ou « kere » qui sévit encore dans notre région.
Propos recueillis par Sera R.




