Le député Milavonjy Philobert, non moins président de l’opposition, a abordé la question sensible de la destitution des 5 députés Irmar absents aux sessions parlementaires. Il a rappelé que, selon la loi, un député absent pendant plus de 60 jours peut être destitué. Cependant, il a insisté sur le fait que cette disposition ne peut être appliquée sans examen préalable des motifs de l’absence.
«Il est indispensable de comprendre pourquoi certains députés n’ont pu assister aux sessions », a déclaré Milavonjy Philobert. D’après lui, plusieurs députés ont été confrontés à des situations exceptionnelles et préoccupantes. “Certains ont été victimes de persécutions, tandis que d’autres ont vu leur sécurité ou leurs biens menacés lors des mouvements de contestation du régime Andry Rajoelina. Le député Naivo Raholdina, par exemple, a vu ses biens incendiés, tandis qu’Andry Ratsivahiny a été confronté à des faits inquiétants et inacceptables”, mentionne-t-il.
Selon le président de l’opposition, il est crucial de distinguer entre une absence volontaire et une absence motivée par la peur pour sa vie. Il a rappelé que la protection de la vie des députés est un droit fondamental. «Leur absence n’était pas intentionnelle, mais dictée par la nécessité de préserver leur sécurité», a-t-il précisé.
Milavonjy Philobert a également insisté sur le fait que certains députés avaient des responsabilités importantes au sein de leur parti, ce qui justifiait leur prudence.
Le règlement intérieur du Parlement prévoit des mesures disciplinaires graduelles. Un député peut recevoir un rappel à l’ordre, écrit ou verbal, avant toute sanction plus sévère. «La destitution ne doit jamais être la première étape», a insisté le président de l’opposition.
Il faut d’abord permettre aux députés absents de fournir des explications, par écrit ou oralement, notamment en cas de maladie ou d’obligations à l’étranger. Cette procédure garantit un traitement juste et évite des sanctions arbitraires.
Selon lui, aucune décision ne doit être prise uniquement sur la base de l’absence physique d’un député. Les causes de l’absence et les circonstances vécues doivent être examinées avec attention. Le rappel à l’ordre constitue la première étape d’une procédure graduelle. Cette approche reflète l’importance du dialogue et de la compréhension des situations individuelles.
Milavonjy Philobert a évoqué le cas des députés proches du président Andry Rajoelina, soulignant que certains ont été victimes de pressions ou d’attaques. Le cas de Marie Michelle Sahondrarimalala, actuellement placée en garde à vue, illustre l’importance de la prudence et du respect des droits fondamentaux.
Les députés concernés ont le droit de présenter une défense complète devant la Haute Cour Constitutionnelle. Le président de l’opposition a insisté sur le respect des principes de justice et de transparence dans l’application du règlement parlementaire.
Enfin, Milavonjy Philobert a rappelé que la Haute Cour Constitutionnelle reste l’instance compétente pour trancher en cas de contestation. « La destitution ne doit jamais être automatique », a conclu le président de l’opposition. Elle doit toujours être précédée d’un examen approfondi des circonstances et des justifications présentées par les députés concernés.
N.A




