Angodongodona Nosy Varika : le calme est revenu

La commune d’Angodongodona Nosy Varika (Vatovavy) était en effervescence depuis fin 2025. En cause, une sage-femme autrefois mairesse locale mais rejetée par la population pour « abus de pouvoir », a cherché tous les moyens d’y retourner en tant que cheffe du Centre de santé de base (CSB2). Après des contestations musclées, lundi, son époux et elle ont quitté les lieux, hier, signant ainsi le retour au calme sur place.

Depuis Noël jusqu’à hier, une partie de la population d’Angodongodona Nosy Varika a manifesté son mécontentement face à une note de service nommant la nouvelle cheffe du CSB2 local. Elle a brandi des banderoles et appelé les autorités à tous les niveaux à revenir sur leur décision. A vrai dire, la sage-femme désignée pour prendre ce poste, n’a pas été du goût des habitants.
L’actuel maire d’Angodongodona, lui-même, a adressé deux lettres, le 29 décembre puis lundi, au directeur régional de Santé publique Vatovavy, au chef du district de Nosy Varika, à la députée élue à Nosy Varika et au commandant de brigade d’Ampasinambo. Il leur a demandé d’abroger la nomination de cette sage-femme. Entretemps, la population locale a verrouillé les portes du CSB2.
Cependant, forts de la note de service encore en vigueur, la sage-femme et son époux (infirmier) sont venus prendre leur poste, lundi, accompagnés de deux gendarmes. Selon les précisions, ni les responsables du ministère, ni ceux de la direction régionale et encore moins le médecin inspecteur, n’étaient au courant de la venue du couple sur place, lundi. Bien déterminés que jamais, les habitants de la localité ont empêché les «intrus» d’entrer dans le village. Un affrontement a eu lieu entre les partisans du couple et les contestataires.
Les jets de pierres ont animé l’après-midi de lundi sur place, ayant fait plusieurs blessés. Au final, une nouvelle note de service annulant la nomination de la sage-femme à la tête du CSB2 local, est sorti vers la fin de l’après-midi. Depuis, le calme est revenu peu à peu. Pour autant, il a fallu attendre hier matin quand le couple a quitté les lieux, pour que l’ordre public soit rétabli définitivement.

Intérêts personnels ou vengeance ?
La lettre écrite par l’actuel maire d’Angodongodona, lundi, adressée aux différents responsables à ce sujet, explique le motif de cette contestation. Selon lui, «La sage-femme a tué indirectement plusieurs personnes durant son mandat. Les plaintes y afférentes me sont parvenues, raison pour laquelle je demande l’annulation de cette note de service.»
En substance, la concernée a notamment ordonné le chef du fokontany d’Ampa­simadinika d’asperger d’acide les yeux de quatre membres d’une famille ayant entraîné la mort de deux d’entre eux et la perte de vue des deux autres. Elle a appliqué le même procédé à deux hommes habitants à Mora­feno Angodongodona toujours durant son mandat à la tête de la commune, malgré son statut de personnel de santé.
Ces deux cas parmi tant d’autres, ont provoqué l’ire des habitants. Ainsi, en tentant de briguer un deuxième mandat, elle a perdu la dernière élection communale. Son époux et elle ont d’ailleurs été affectés dans une autre localité. Cependant, le nouveau maire s’est demandé «Le couple veut-il défendre des intérêts personnels pour essayer coûte que coûte de revenir chez nous, ou est-ce que leurs actions sont motivées par la vengeance ?»

LR

Partager sur: