Que d’eau, que d’eau ! Non, ce n’est pas encore le déluge. Mais si ça continue, on n’en est pas bien loin. C’est du moins ce que pensent au quotidien les habitants des zones basses de la capitale. Dans certains quartiers, quand il pleut, l’eau peut atteindre une hauteur de plus d’un mètre.
Et cela fait plusieurs semaines qu’il pleut chaque jour. Bien sûr, cela occasionne des dérangements sur beaucoup de points. Mais à qui la faute ? Il ne faut pas chercher loin. On sait trop bien pourquoi l’eau de pluie ne circule plus normalement dans beaucoup de quartiers de la capitale. C’est un secret de polichinelle. Chacun a sa part de responsabilité.
Dans la quasi-totalité des cas, cela est dû au fait que les canaux d’évacuation d’eau sont bouchés pour différentes raisons. Soit des constructions sont érigées sur ces canaux, soit les égouts servent de dépotoir. Dans tous les cas, ce sont les raisons majeures de tout ce problème qui éprouve fortement la population de ces zones.
Auprès des marchés, les commerçants ne daignent pas jeter leurs détritus dans le dispositif mis en place à cet effet, à savoir, les bacs à ordures. Surtout en cette période où le litchi se vend à chaque coin de rue, les épluchures sont directement jetées dans les caniveaux. On ne se soucie guère de toutes les conséquences qui peuvent s’en suivre.
Certes, ce sont des produits biodégradables. Mais, tout de même, il faut un certain temps avant qu’ils ne se décomposent. Et nul ne sait combien de temps cela demandera. Or la pluie n’attend pas. En conséquence, les canaux se trouvent complètement obstrués. Et bonjour la galère pour la population environnante.
Dans ces conditions, qui va payer les pots cassés ? La Commune et encore moins le fokontany n’ont pas suffisamment de moyens pour financer les travaux qui permettront de dégager tous ces goulots d’étranglement. C’est pourquoi la situation empire au fil des saisons de pluie. Mais il arrivera un moment où tout explosera.
Il est évident qu’on ne peut pas placer un agent de la Commune ou du fokontany à chaque coin de rue pour voir si chacun s’acquitte de ses obligations, à savoir, nettoyer la place qu’il a occupé en jetant les ordures dans les bacs appropriés. C’est le moindre des soucis des marchands dont le seul objectif est de réaliser une bonne recette.
Ce qui n’est pas toujours le cas. Cette absence totale de civisme est l’une des principales causes de tous les problèmes qu’on rencontre dans la Capitale. On ne soucie guère de ce qui peut advenir par la suite et encore moins de savoir si ce qu’on fait va créer des gênes pour les autres.
La solution se trouve dans la prise de conscience de tout un chacun. Il importe de savoir que vivre en harmonie requiert un minimum de responsabilité. Le plus dur est d’être conscient que tout ce que nous faisons de mal va, un jour, se retourner contre nous, cela à force de cracher contre le vent.
Ranaivo Lala Honoré




