Santé publique : les internes suspendent la prise en charge des maladies transmissibles

Face à la progression de l’épidémie de Mpox à Madagascar, un signal d’alerte fort vient d’être lancé depuis les hôpitaux. L’Union des Internes de Madagascar (UIM) a annoncé, dans un communiqué publié hier, la suspension de la prise en charge des cas confirmés et suspects de Mpox, ainsi que de l’ensemble des maladies transmissibles, tant que des garanties sanitaires et sociales ne seront pas assurées pour les internes.

En première ligne dans les centres hospitaliers, ils dénoncent une exposition permanente aux risques infectieux sans protection suffisante. Selon l’UIM, aucune réponse claire et officielle n’a été apportée concernant l’indemnité de risque à laquelle devraient prétendre les internes, alors même qu’ils figurent parmi les premiers acteurs mobilisés dans la prise en charge des patients atteints de maladies contagieuses.
Autre point de crispation : l’absence de prise en charge médicale pour les internes eux- mêmes. En cas de contamination ou de maladie contractée dans l’exercice de leurs fonctions, ils sont contraints d’assumer seuls leurs frais de soins. Une situation jugée intenable dans un contexte marqué par la recrudescence des épidémies et la pression constante sur le système de santé.
Le communiqué met également en cause le manque criant d’équipements de protection individuelle (EPI) dans les hôpitaux et les centres de santé. Une carence qui, selon l’Union, expose dangereusement le personnel de santé aux maladies transmissibles, tout en compromettant la sécurité des patients.

Manque de considération
Au-delà des revendications matérielles, les internes pointent une absence de considération accordée au secteur de la santé. Malgré de nombreuses démarches entreprises ces dernières semaines, ils estiment que leurs alertes sont restées sans suite et que la santé publique n’est toujours pas traitée comme une priorité na­tionale.
L’UIM précise toutefois que cette décision ne constitue pas un abandon total des soins. La prise en charge des maladies non transmissibles ainsi que les activités médicales courantes se poursuivent normalement, conformément à l’éthi­que et aux responsabilités des professionnels de santé. Par ce geste fort, les internes appellent les autorités sanitaires à prendre des mesures urgentes et concrètes.

Fahranarison

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