Le combat pour les droits des femmes prend de la hauteur. Quatre militantes engagées, figures reconnues de la société civile, ont décidé d’unir leurs forces autour d’une action forte et symbolique, pensée pour marquer les esprits et interpeller les décideurs. Pendant un an, elles mèneront une mobilisation nationale visant à transformer les engagements juridiques en réalités concrètes pour les femmes victimes de violences.
A l’origine de cette initiative collective figurent Viviane Rahariniaina (Fleurs Eveillées), Kemba Ranavela (Nifin’ akanga), Florentine Razanajafy (Association Tao) et Jessica Lolonirina (Women break the silence). Longtemps actives chacune de leur côté, elles ont choisi de porter désormais un message commun afin de renforcer l’impact de leur plaidoyer et de rompre avec la dispersion des actions. Elles ont organisé hier à Faravohitra une conférence de presse pour expliquer les tenants et aboutissants de leur initiative.
L’élément déclencheur de ce mouvement sera l’ascension du mont Kilimandjaro par Florentine Razanajafy. Un défi sportif à haute valeur symbolique, conçu comme un acte de résistance et de visibilité pour rappeler l’urgence de garantir aux femmes leurs droits fondamentaux, notamment celui de disposer librement de leur corps. A travers cette montée, les militantes entendent faire résonner leur message bien au-delà des frontières.
Application de la Loi
Au cœur des revendications figure l’application effective de la Loi adoptée en 2022 par le Parlement, prévoyant une prise en charge financière, médicale et psychologique des personnes victimes de violences. Faute de mécanismes opérationnels, ce texte reste encore largement inappliqué, laissant de nombreuses femmes sans soutien réel.
Prévue sur sept jours, l’ascension du Kilimandjaro comprendra sept étapes, chacune associée à une thématique liée aux droits des femmes. Des hommages seront rendus, à chaque halte, à des femmes ayant marqué la lutte pour l’égalité et la dignité.
Au-delà de l’exploit symbolique, les quatre militantes souhaitent ouvrir un débat national sur la situation des femmes à Madagascar. Elles appellent les autorités à écouter la voix de la société civile et à passer des intentions aux actes. Car pour elles, l’égalité ne peut plus attendre.
Fahranarison




