La marine seychelloise a arraisonné un bateau de pêche sri-lankais qui s’est introduite dans sa zone économique exclusive (ZEE). Après que tout le matériel de pêche ait été démantelé, le bateau en infraction fut coulé.
C’est un acte tout à fait légal dans le cadre du volet économique du droit international car la ZEE est un espace maritime jusqu’à 200 miles nautiques (environ 370 km) où un Etat côtier a des droits souverains sur l’exploration et l’exploitation des ressources qui s’y trouvent.
Si la marine Seychelloise agit ainsi, c’est qu’elle sait trop bien que l’armateur propriétaire du bateau de pêche ne paiera jamais les amendes relatives à l’infraction. Ainsi, le bateau va s’ajouter aux nombreuses épaves qui encombrent déjà les côtes du pays.
C’est pour éviter une telle situation que le bateau a été coulé en pleine mer. Il faut savoir que les Seychelles mènent une lutte intense contre la pêche illégale. Comme la pêche est la principale industrie du pays, les Seychellois n’admettent aucune tolérance en matière de pêche illégale.
Et comme on vient de le voir, ils ne se posent pas de question sur une éventuelle réaction de la part des autorités sri-lankaises face à de tels agissements. Ils savent qu’ils sont dans leurs droits car ils ont la pleine souveraineté dans leur ZEE.
Cela devrait servir d’exemple pour les autres pays de la région, comme Madagascar. Ils doivent également agir de la sorte. Sans aucun doute, la ZEE attachée à Madagascar est pillée tout le temps par le biais de la pêche illégale sans que les autorités malgaches puissent faire quoi que ce soit.
En effet, l’immensité de la zone constitue un grand handicap. Il faut disposer d’une marine suffisamment forte pour tout surveiller et contrôler. Ce qui est encore loin de la situation actuelle de la marine nationale. Pourtant, cela devrait permettre d’empêcher le pillage de nos ressources marines.
Il faut savoir que, pour de nombreuses raisons, le renforcement de la marine nationale malgache aurait dû constituer une priorité pour tous les dirigeants qui se sont succédé. Malheureusement, aucun ne s’est jamais soucié de ce problème, bien que nous ayons déjà eu un amiral comme chef d’Etat.
Investir dans la marine nationale serait sans aucun doute profitable pour le pays pour de nombreuses raisons. Tout au moins, cela contribuerait à réduire les différents trafics qui se font par voie maritime. Et tant qu’à faire, on pourrait aussi envisager la résurrection d’un pavillon national dans la marine marchande.
Bien sûr, tout cela nécessite d’énormes investissements. Et il est évident qu’on ne pourra pas le faire d’un seul coup. Mais l’essentiel est d’y penser d’abord et ensuite par quels moyens le réaliser tout en ayant dans l’esprit qu’il faut toujours avoir les moyens de ses ambitions.
Ranaivo Lala Honoré




