Le vaccin contre la variole du singe ou Mpox arrive au moment où la vigilance reste maximale. Madagascar active tous les leviers pour contenir cette épidémie : protection ciblée des plus exposés, renforcement des dispositifs sanitaires et déploiement de centres spécialisés. Une course contre le temps pour éviter l’embrasement.
Madagascar ne veut pas revivre le scénario des crises sanitaires passées. Face à la circulation du Mpox, le gouvernement enclenche une riposte préventive structurée, avec en première ligne l’importation du vaccin contre la variole du singe. Les personnels de santé, en contact direct avec les patients, et les populations les plus vulnérables seront les premiers bénéficiaires de cette protection ciblée.
La ministre de la Santé publique, Magnana Monira, se veut rassurante mais ferme lors d’une émission en directe sur la Télévision nationale (TVM), hier soir. «Le pays enregistre déjà des cas en voie de guérison et aucun décès n’est à déplorer à ce stade. La situation est sous contrôle, mais elle exige une mobilisation totale», a-t-elle souligné. Son message est clair : «anticiper plutôt que subir».
Derrière l’annonce du vaccin, c’est toute l’architecture de la réponse sanitaire qui est renforcée. Le plan national de contingence a été revu, tandis que le Centre de gestion des risques sanitaires (Cousp) fonctionne désormais à plein régime au niveau national. Aux frontières et sur les axes stratégiques, barrières sanitaires et dispositifs de dépistage sont déployés pour repérer au plus tôt les cas suspects et casser les chaînes de transmission.
Cinq centres de traitement et d’isolement opérationnels dans la Capitale
Sur le terrain, la lutte contre le Mpox s’organise aussi autour de structures dédiées. Cinq centres de traitement et d’isolement (CTI) sont désormais pleinement opérationnels dans la Capitale notamment à Andohatapenaka, Itaosy, Anosiala, Bongatsara et Anosiavaratra. Leur rôle est central : diagnostiquer, soigner et isoler les patients afin de protéger l’ensemble de la population.
«Toute personne qui présente des signes suspects ou qui doute de son état doit consulter dans un centre spécialisé», explique le professeur Mamy Randria, porte-parole du ministère sur le Mpox. Les patients pris en charge restent dans ces centres jusqu’à leur rétablissement complet, un protocole jugé indispensable pour limiter la propagation du virus.
Pour les régions hors d’Antananarivo, les autorités sanitaires appellent à une coordination étroite avec les Directions régionales de la santé. Un numéro vert, le 910, permet également d’orienter la population et de répondre aux inquiétudes.
Quoi qu’il en soit, les statistiques continuent d’évoluer. A la date du 11 janvier, 207 cas de Mpox ont été notifiés à Madagascar, dont 23 confirmés et 184 suspects. Les cas confirmés se concentrent principalement à Mahajanga (17 cas), suivie d’Antsirabe (3), Mandoto (1), Maevatanàna (1) et Antananarivo Avaradrano (1).
Fahranarison
Rendez-vous scientifique sur le Mpox
L’Académie nationale de Médecine de Madagascar organise une visioconférence scientifique consacrée au Mpox, ce mercredi à 19 heures. Destinée aux professionnels de santé, universitaires et acteurs de la santé publique, la rencontre sera dirigée par le Professeur Rapelanoro Rabenja Fahafahantsoa.
Au programme : l’analyse de la situation du Mpox à Madagascar et du risque de transmission communautaire, le diagnostic différentiel des lésions cutanées, ainsi que les stratégies de prévention et de prise en charge des cas. Cette initiative vise à renforcer l’information scientifique et la préparation du personnel médical face à cette maladie émergente.




