Place à une finale inédite de la Can entre Maroc, pays hôte et le Sénégal. Ce choc au sommet sent déjà la poudre au stade Prince Moulay Abdellah, Rabat ce dimanche. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes, annonçant un match déséquilibré sur le papier, mais terriblement ouvert sur le terrain.
Les Lions de l’Atlas, portés par un public en fusion, visent un deuxième titre continental, après 1976, tandis que les Lions de la Teranga veulent remettre la main sur le graal et confirmer leur statut de référence du football africain.
Les 12 buts inscrits par le Sénégal depuis le début de la compétition, illustrent parfaitement sa puissance offensive. Les hommes d’Aliou Cissé ont fait trembler les filets adverses trois fois de plus que le Maroc, auteur de 9 buts.
Et effectivement sur le papier, les Sénégalais semblent faire la différence avec 47 tirs cadrés contre 32 pour les Marocains, une précision chirurgicale de 61,8% contre 48,5%. Les Sénégalais tirent plus, cadrent plus, finissent mieux. Sadio Mané, toujours aussi tranchant, est partout : 12 tirs, 3 passes décisives, 18 occasions créées, personne ne fait mieux dans ce registre. Il dicte le tempo, accélère, décale, percute. A ses côtés, la génération dorée continue de rugir, et cette équipe sait transformer la moindre opportunité en buts.
En face, le Maroc de Walid Regragui joue une tout autre partition : celle de la solidité à toute épreuve. Un seul petit but encaissé jusqu’à maintenant, c’est une performance défensive exceptionnelle. Les Lions de l’Atlas n’ont subi que 5 tirs cadrés, témoignant d’un bloc ultra-compact, d’une organisation sans faille et d’une agressivité dans les duels impressionnante (354 gagnés contre 285 pour le Sénégal). Les tacles réussis (72 contre 49) racontent la même-histoire : les Marocains mordent, récupèrent haut, étouffent l’adversaire avant même qu’il ne respire. Brahim Díaz, étincelant avec 5 réalisations, est devenu le patron de l’attaque. Ses 15 tirs traduisent une présence constante dans la surface, une capacité à se créer ses propres occasions et à faire basculer les matches à lui tout seul.
Au rayon des passes décisives, les deux équipes se neutralisent (8 chacune), mais les détails penchent parfois d’un côté ou de l’autre. Le Maroc excelle dans les centres réussis (17 contre 15) et les dribbles (45 contre 41), signe d’une animation plus fluide sur les ailes et d’une capacité à déstabiliser par la percussion.
Côté discipline, les Marocains ont écopé 8 jaunes contre 18 pour les Sénégalais, et aucun rouge contre un pour les Teranga. Ils provoquent aussi bien plus de fautes (125 contre 73), ce qui pourrait leur offrir des situations dangereuses sur coups de pied arrêtés.
Cette finale s’annonce comme l’opposition parfaite entre deux philosophies : l’une qui mise sur la puissance offensive et la verticalité, l’autre qui verrouille derrière avant de piquer en contre. Le Sénégal a les armes pour faire exploser le verrou marocain, mais il devra trouver la clé face à une défense qui n’a presque jamais plié. Le Maroc, lui, sait qu’un seul éclair de Díaz ou une transition rapide peut suffire pour faire la différence devant son public.
Dimanche soir, à Rabat, on assistera soit à la confirmation d’une dynastie sénégalaise, soit à l’avènement d’un nouveau roi africain. Une chose est sûre : le football africain, dans toute sa richesse tactique et sa passion débordante, va vibrer à l’unisson.
Naisa




