Grâce à l’Afrique du Sud: Madagascar devient pays partenaire des Brics

Après Abu Dhabi, le président de la Refondation, Michael Randrianirina, a mis récemment le cap sur l’Afrique du Sud où il a rencontré son homologue Cyril Ramaphosa. A cette occasion, il a sollicité l’appui de l’Afrique du Sud, le seul pays du continent membre des Brics, pour permettre à Madagascar, de marquer son retour sur la scène internationale. Résultat, le pays participera au prochain sommet du groupe, prévu cette année en Inde en juin et juillet.

A l’instar de sa participation à l’Abu Dhabi Sustainability Week 2026, Michael Randrianirina a mis en avant les atouts de Madagascar, pour attirer des investisseurs étrangers, lors de ses échanges avec Cyril Ramaphosa. Il a également fait part de la volonté malgache de se rapprocher des Brics.
D’ailleurs, le président malgache a alors annoncé, à son retour à Ivato que désormais Madagascar intègre les Brics en tant que pays africains partenaire, avec le Ni­géria, l’Algérie et l’Ouganda. Pour officialiser cette adhésion, Madagascar est invité à participer au prochain sommet du groupe en Inde.
Le président Michael Randrianirina a également demandé le soutien sud-africain pour défendre la réintégration de Madagascar au sein de l’Union africaine. Malgré son retour officiel au sein de la Sadc, le pays reste en effet suspendu des instances de l’UA, faisant de l’Afrique du Sud un partenaire stratégique clé pour appuyer cette démarche.

Jeu d’équilibre
Ce changement de cap de la diplomatie malgache, intervient dans un contexte géopolitique particulier. Les relations entre Antananarivo et Wa­shing­ton connaissent effectivement un certain regain, marqué par la décision du Congrès américain de prolonger l’Agoa jusqu’en 2028, après sa suspension en septembre 2025. Avec ce programme, plusieurs produits malgaches, notamment le textile et la vanille, bénéficient d’un accès en franchise de droits au marché américain, un levier économique non négligeable, notamment pour plus de 100.000 employés malgache du secteur textile.
En outre, le rapprochement avec l’Afrique du Sud et le BRICS est tout à fait logique avec la proximité géographi­que et l’influence sud-africaine dans la région. Toutefois, les tensions persistantes entre Washington et Pretoria, alimentées par des accusations américaines à l’encontre du gouvernement sud-africain concernant le traitement des Afrikaners, ainsi que la plainte déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice. A cela s’ajoute la position des Brics en faveur de la dé-dollarisation des échanges commerciaux mondiaux, un projet observé avec attention par les grandes puissances occidentales.
Par ailleurs, Madagascar renforce ses coopérations sécuritaires, notamment avec la Russie dans le domaine de l’armement, et avec la Chine à travers un projet de mise en place d’une usine d’armement. Ces partenariats traduisent une volonté de diversification stratégique, tout en entretenant les relations avec les partenaires occidentaux.
Au-delà des annonces, la diplomatie malgache cherche un point d’équilibre. En multipliant les ouvertures et élargissant son réseau d’alliances, Ma­dagascar entend réduire sa dé­pendance à un seul pôle d’influence, tout en préservant ses relations traditionnelles avec les Occidentaux, dont la Fran­ce. Une stratégie prudente, dont l’efficacité dépendra de la capacité des dirigeants malgaches à jongler durablement entre intérêts économi­ques, considérations géopolitiques et respects de souveraineté.

Tivo Rasam

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