Selon des sources sud-africaines, la Sadc appelle les autorités malgaches à présenter une feuille de route claire de la transition politique, avant mars 2026. Cette démarche est essentielle pour garantir la stabilité dans le pays et le respect de la démocratie.
Le chef d’Etat sud-africain, Cyril Ramaphosa, également président en exercice de la Sadc, a exprimé cette demande, lors de sa rencontre avec le président de la Refondation de la République de Madagascar, Michael Andrianirina, en Afrique du Sud en fin de semaine.
« Une feuille de route claire est indispensable pour prévenir toute dérive autoritaire », a souligné Cyril Ramaphosa à cette occasion, selon toujours nos sources.
Sous cet angle, le président Sud-africain rejoint la position de certains partis politiques et organisations de la société civile malgache, qui appellent à une clarification du mandat et des missions de l’autorité de la Refondation. L’ancien président Marc Ravalomanana a notamment plaidé pour que cette autorité puisse être évaluée sur la base d’objectifs clairement prédéfinis.
Pour dire que l’absence d’une feuille de route et d’un agenda politique précis, suscite des inquiétudes au sein de la communauté internationale. C’est pourquoi l’Union africaine maintient ses sanctions « symboliques » envers Madagascar, comme l’a reconnu Michaël Andrianirina, à son arrivée à l’aéroport d’Ivato.
Lors de sa rencontre avec Cyril Ramaphosa, le président de la Refondation a mis en avant les caractères démocratiques du changement de régime, affirmant que c’est l’expression de la volonté populaire, notamment portée par la génération Z. De son côté, le président sud-africain a rappelé l’urgence de respecter les processus démocratiques en cours.
Réponse implicite
Cette position de la Sadc s’inscrit dans la continuité de la mission d’enquête et d’observation conduite à Madagascar en octobre 2025 par Joyce Banda, ancienne présidente du Malawi. Elle a, en quelque sorte, validé la mise en place d’un exécutif militaro-civil et le maintien des institutions de la République durant la période de transition.
Si ce soutien régional conforte la légitimité du régime de la Refondation ayant choisi de suivre la voie constitutionnelle, la communauté internationale reste toutefois prudente. Elle doute en effet des militaires gardant le pouvoir au-delà de la période de transition fixée à 24 mois.
Dans cette perspective, Cyril Ramaphosa a appelé les autorités malgaches à engager « un dialogue national inclusif, conduit par les Malgaches eux-mêmes », afin de préparer des élections crédibles et de faciliter le retour pacifique des exilés politiques.
Et la demande de Michaël Randrianirina au président sud-africain, de plaider en faveur de Madagascar auprès de l’Union africaine, illustre donc son engagement à poursuivre « les processus démocratiques en cours ». Il s’agit d’une réponse réactive à la proposition avancée par 103 partis politiques, de dissoudre le gouvernement actuel et toutes les institutions de la 4e République et à mettre en place une Haute Autorité de la Refondation.
Recueillis par Rakoto




