Mercredi des idées en goguette: Pendant que le monde accélère…

Le monde court. Il sprinte même. Et Ma­dagascar, semble parfois chercher encore ses repères et c’est inquiétant.
Cette année, par deux fois, le président français Emmanuel Ma­cron a ressorti une phrase qui sonne com­me un avertissement. Selon lui, « Pour rester libre dans ce monde, il faut être craint, et pour être craint, il faut être puissant. Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort».
Il a évoqué le contexte international tendu, entre la guerre en Ukraine et les tensions autour du Groenland. Le rapport de force influence les négociations et les dialogues géopolitiques. La planète traverse ac­tuellement une période de turbulence. Le multilatéralisme, ce grand idéal de coopération entre États, tous réunis autour de la table des Nations Unies, semble sérieusement remis en cause. Les résolutions s’enchaînent, mais les conflits persistent. La souveraineté des États et le droit international sont souvent invoqués… puis rapidement rangés dans un tiroir quand ils dérangent les grandes puissances.
Et Madagascar dans tout ça ? La question mérite d’être posée. Dans le pays, on a com­me une impression que la majorité des Malga­ches. Ils entendent les infos, mais ne les écoutent pas vraiment. Peut-être parce que nous sommes une île. Peut-être parce que nos urgences quotidiennes sont trop pressantes que celles
des autres pays au bout de la planète. Pourtant, que l’on veuille ou non, ce qui se passe ailleurs aura toujours des répercussions multiples pour les Malgaches.
Les prix du carburant flambent au gré des crises mondiales. Les aides nutritionnelles dans le Sud dépendent du financement des pays partenaires eux-mêmes fragilisés. Le soutien au développement repose largement sur des partenaires techniques et financiers dont l’agenda est désormais saturé par leurs propres priorités sécuritaires et économiques.
Pendant ce temps, dans la rue, les questions sont beaucoup plus simples : aura-t-on de l’eau demain ? De l’électricité ce soir ? Des écoles dignes de ce nom pour nos enfants ? Ce sont d’ailleurs ces attentes inassouvies qui ont poussé le peuple à descendre dans la rue au mois de septembre 2025.
Alors Madagascar doit-il faire plus vite et plus fort, conformément à la devise présidentielle française ? Ou la Grande île doit-elle d’abord ap­prendre à faire mieux, là où ça compte le plus ?
Une chose est sûre, pendant que le monde accélère, on semble hésiter entre regarder le train passer et courir derrière. Le plus inquiétant n’est peut-être pas d’avancer lentement mais de ne plus très bien savoir dans quelle direction aller.

Rakoto

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