Madagascar – Corée du Sud: la digitalisation du foncier comme levier stratégique de développement

La réforme foncière constitue un enjeu central pour le développement à Madagas­car. Lors d’une rencontre, le ministre de l’Aménagement du Territoire, le général Lylyson René de Rolland et l’ambassadrice de Corée du Sud, Park Ji-Hyun, ont souligné l’importance de moderniser la gouvernance foncière à travers la numérisation des données et la dématérialisation des services.
Park Ji-Hyun a partagé l’expérience sud-coréenne. Elle a rappelé que la réussite économique de son pays, repose sur deux piliers fondamentaux : l’éducation et un régime foncier équitable. Après la Seconde Guerre mondiale, la distribution gratuite des terres en Corée du Sud avait permis de réduire les inégalités, d’assurer la stabilité sociale et de poser les bases d’un développement économique du­rable. Un modèle qui, selon la diplomate, demeure pertinent pour les pays en quête de changement structurel.
A Madagascar, le diagnostic est largement partagé. Le général Lylyson René de Rolland a souligné que l’accès équitable à la terre, constitue un levier essentiel de développement. La politique foncière nationale vise ainsi à alléger le coût des terrains, simplifier les procédures administratives et instaurer une transparence accrue dans la gestion du foncier. Des objectifs ambitieux, mais confrontés à une réalité administrative particulièrement fragile.
Le système foncier malgache repose encore sur des archives datant de plus d’un siècle, souvent incomplètes ou détériorées, communément appelées «boky rovitra». Cette situation alimente de nombreux litiges fonciers, aussi bien entre citoyens qu’entre investisseurs étrangers et communautés locales. Une situation qui freine l’investissement, fragilise la cohésion sociale et limite l’aménagement équilibré du territoire.

Appui technique
Dans ce contexte, la Corée du Sud entend apporter un appui technique et financier à Madagascar pour la numérisation des données foncières et la dématérialisation des services fonciers. L’objectif affiché est clair : sécuriser les droits de propriété et renforcer la confiance des citoyens. L’ambas­sadrice Park Ji-Hyun a également insisté sur «la nécessité d’améliorer l’interopérabilité entre les services fonciers et les directions de l’aménagement du territoire», indispensable à une gouvernance cohérente et efficace.
Toutefois, si la digitalisation apparaît comme une solution prometteuse, elle ne saurait constituer une réponse miracle. La réussite d’une telle réforme dépendra de plusieurs facteurs clés : la fiabilité des données initiales, la formation des agents publics, l’accessibilité des services numériques pour les populations rurales et la protection des droits des communautés locales. Sans cela, le risque d’exclusion ou de conflits persistants demeure.

T. Rasam

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