Lutter contre l’extrême pauvreté: neuf projets de recherche ont reçu un financement

Le DEEP Madagascar Challenge Fund a attribué des subventions à neuf équipes de recherche malgaches engagées dans la production de données et d’analyses destinées à renforcer la lutte contre l’extrême pauvreté dans le pays.

Ces projets visent à éclairer les politiques publiques, les programmes nationaux et les stratégies de développement, en partenariat avec l’ONG malgache Arake. Le fonds a lancé son appel à candidatures en mai 2025.
Au total, 106 propositions ont été soumises. Les projets lauréats ciblent des enjeux structurels majeurs à Madagascar, notamment le changement climatique, l’exploitation minière, la sécurité alimentaire, la dégradation des sols, la marginalisation des groupes vulnérables et la migration interne.
Parmi les initiatives retenues, un projet du Labo­ratoire Mitsilo, qui analyse l’impact de l’accès au crédit et aux connaissances agricoles sur l’adoption de pratiques d’agriculture climato-intelligente par les petits exploitants. Le Centre d’Etu­des et de Recherche en Eco­nomie de la Santé (Ceres) s’intéresse, quant à lui, aux conflits environnementaux dans les zones minières et aux mécanismes de gouvernance susceptibles de mieux protéger les communautés locales.
D’autres projets portent sur l’adaptation des communautés pastorales face aux sécheresses accrues, la relance de la sériciculture par la régénération de souches locales de vers à soie, l’analyse des liens entre migration, exploitation minière informelle et pauvreté rurale, ou encore l’étude des vulnérabilités croisées des femmes et des jeunes face aux chocs climatiques.
Un projet innovant mené par CR-AT2D combine les savoirs traditionnels des femmes rurales à des technologies modernes de cartographie, afin d’établir des cartes détaillées de la fertilité des sols, destinées à orienter des interventions agricoles durables. Le projet Aqua­terre vise, pour sa part, à combler le manque de données sur la contribution de l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or aux moyens de subsistance en milieu rural, afin d’améliorer les politiques minières et de développement.
La gouvernance du fonds repose sur un comité national de pilotage composé de chercheurs, de décideurs et de praticiens malgaches, chargé d’aligner les projets sur les priorités nationales et de faciliter l’utilisation des résultats de recherche dans l’élaboration des politiques publiques.
Pour le professeur Jonah Ratsimbazafy, membre de ce comité, «La conservation n’est pas une option pour Madagascar, elle est indissociable de la lutte contre la pauvreté et de la survie quotidienne». Selon lui, les projets financés contribuent à la fois à la protection de la biodiversité et à l’amélioration des revenus, de la sécurité alimentaire et de la résilience des communautés les plus vulnérables.
La directrice générale d’Arake, Fenosoa Andrian­jakarivola, souligne que cette initiative repose sur la conviction selon laquelle, «Le changement durable commence par le leadership local et les savoirs ancrés dans le contexte malgache», tandis que Dr Velomahanina Razakamaharavo, de l’Uni­versité de Reading, insiste sur la nécessité de réponses interdisciplinaires face à une pauvreté façonnée par la gouvernance, l’environnement et les dynamiques so­ciales.
Des subventions similaires du DEEP Challenge Fund ont également été
attribuées en Tanzanie, en Ethiopie et au Bangladesh, confirmant la portée régionale de cette initiative de recherche au service du développement. Le programme DEEP (Data & Evi­dence to End Extreme Po­verty) est un consortium international regroupant les universités de Cornell, Co­penhague et Southampton, dirigé par Oxford Policy Management, en partenariat avec la Banque mondiale et financé par le FCDO britannique.

N.A

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