Donald Trump vient de lancer officiellement son « Conseil de la paix ». Le possessif est ici de rigueur
car il a annoncé qu’il présiderait cette nouvelle organisation. Si les dirigeants de 19 autres pays ont également signé la charte, il faut toutefois remarquer qu’aucune grande puissance et peu d’alliés historiques des Etats-Unis ont décidé de rejoindre d’amblée cette nouvelle organisation internationale.
D’ailleurs, aucun des quatre autres membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies (Russie, Chine, le Royaume uni et la France) n’a été présents lors de la cérémonie à Davos. Certes, on peut émettre de nombreuses critiques à l’encontre de l’incapacité flagrante des Nations unies pour régler tous les conflits qui naissent un peu partout. Mais fallait-il obligatoirement créer de toutes pièces une organisation analogue ?
Effectivement, à la question de savoir si les nations sont vraiment unies, la réponse ne fait aucun doute. Aujourd’ hui, le monde est déchiré de toutes parts : blancs contre noirs, riches contre pauvres, chrétiens contre arabes, … . Or, il est bien précis que le rôle du Conseil de sécurité des Nations unies est de maintenir la paix et la sécurité internationale. Mais force est de reconnaître qu’on est loin de cet objectif.
Pourquoi cette faillite ? L’une des premières explications est sans aucun doute la représentativité des pays au sein du Conseil de sécurité. Aucun pays africain ni de l’Amérique du Sud n’est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Pourtant, ce sont ces régions qui sont surtout le théâtre des différents conflits modernes. Il était plus que temps de tout remettre en question. Mais avec le « Conseil pour la paix », on refait les mêmes erreurs.
Et ce sont ces erreurs qui ont causé la défection de nombreux pays quand Donald Trump a lancé son Conseil de la paix. Ces pays ont peur d’un substitut aux Nations unies. Il faut reconnaitre que ce projet vise ouvertement à concurrencer les Nations unies alors que les décisions vont finalement se trouver entre les mains d’un seul homme.
En effet, s’il est bien stipulé que dans ce Conseil, les décisions sont prises à la majorité des Etats membres qui ont chacun une voix, il n’en demeure pas moins que ces décisions sont d’abord soumises à l’approbation du président, ce qui confère ipso facto un droit à Donald Trump. D’où le refus d’un Conseil sous le contrôle total du président des Etats-Unis.
Et pour corser le tout, il faut savoir que pour obtenir un « siège permanent », il faudra payer le prix fort. Le
« ticket d’entrée » est fixé à un milliard de dollars. Ce qui n’est pas à la portée de tous les pays membres. Même si le « Conseil pour la paix » a déclaré que l’organisation coopérerait avec l’ONU, le moins qu’on puisse dire est que, ce ne sera ni plus ni moins qu’un doublon.
Ranaivo Lala Honoré




