Dans une citation qu’on lui a attribué, l’acteur afro-américain Morgan Freeman a déclaré: « Peut-être que si l’on payait moins les hommes politiques et surpayait les professeurs, il y aurait plus de personnes intelligentes et moins de lois stupides ». Cette phrase, somme toute simple en apparence, résume beaucoup de choses.
Tout d’abord, elle reconnait que le corps enseignant est mal récompensé par rapport à ce qu’il apporte dans la vie des hommes. Bien trop souvent, on n’apprécie pas à sa juste valeur tout l’effort qu’un enseignant, un éducateur doit fournir pour transmettre le savoir.
Pour beaucoup de personnes, c’est comme si cela allait de soi. Or, la transmission du savoir n’est jamais facile alors qu’elle est fondamentale. Et plus il s’agit d’une véritable initiation ou d’un apprentissage, plus la tâche est ardue. Cela demande beaucoup de professionnalisme.
Il faut reconnaître qu’à Madagascar, l’enseignement a toujours été pendant longtemps, l’un des parents pauvres de la fonction publique. Il n’attirait pas beaucoup de jeune et seuls y entrait ceux qui n’arrivait pas à trouver autre chose à faire ou bien évidemment, ceux qui avaient une véritable vocation d’enseigner.
Cette situation découle du fait que dans l’enseignement, on était moins bien payé par rapport à d’autres fonctions équivalentes. Or, enseigner est une grande responsabilité. C’est peut-être la raison pour laquelle le gouvernement de la Refondation a engagé, depuis peu, d’importantes réformes concernant le corps enseignant.
Ainsi, les enseignants viennent de bénéficier de différents avantages (indemnité de craie, indemnité de logement,… ), qui, sans aucun doute, contribueront à améliorer leurs conditions de vie. Cela aura également pour effet d’attirer les jeunes à entrer dans le monde de l’enseignement.
Effectivement, beaucoup de jeunes pensent que pour réussir dans la vie, nul n’est besoin de faire de longues études. Faire de la politique est bien plus lucratif et ne demande pas une formation spécialisée. Mais le bilan est sans équivoque : On voit, où en est-on actuellement.
A l’image de certains (ou nombreux) parlementaires qui se trouvent dans l’ignorance totale des tenants et aboutissants des lois qu’ils votent, ils bénéficient tout de même de grands avantages. C’est ce qui attire de nombreuses vocations.
Il serait intéressant de savoir si ces énormes avantages n’existaient pas (à l’instar de ce qui se pratique dans les pays nordiques), est-ce qu’on assisterait encore à cette course effrénée vers les différents postes politiques ? Rien n’est moins sûr ! En conséquence, lors des différentes élections à venir, on se bousculera moins au portillon.
Ranaivo Lala Honoré




