Après l’inscription du Tsapiky, ce rythme musical emblématique du sud de Madagascar, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, le ministère de la Communication et de la culture (MCC) envisage déjà une nouvelle candidature. Lors d’une conférence de presse tenue la semaine passée, le ministre Gascar Fenosoa a annoncé que le prochain projet sera l’inscription du lamba. Une ambition confirmée par le directeur du Patrimoine au sein du ministère, Denis Alexandre Lahiniriko. « Ce sera notre priorité », annonce-t-il.
Présent à chaque étape de la vie, de la naissance à la mort, le lamba occupe une place centrale dans la culture malgache. Bien plus qu’un simple tissu, il incarne l’identité culturelle des différentes régions de l’île et joue un rôle fondamental lors des événements familiaux, sociaux et rituels. « Le lamba a un rôle socioculturel important dans notre société », souligne le directeur du Patrimoine. Véritable symbole de l’identité nationale, il est porté lors des grandes occasions, aussi bien à Madagascar qu’à l’étranger.
Déjà reconnu comme patrimoine culturel malgache, le lamba pourrait donc franchir une nouvelle étape vers une reconnaissance internationale. « Le processus pour son inscription à l’Unesco sera lancé prochainement, et il sera long », précise Denis Alexandre Lahiniriko. Une démarche qui, selon lui, s’impose naturellement. « Nous sommes conscients de la valeur du lamba dans notre culture et notre identité. Il est logique de viser son intégration dans la liste du patrimoine culturel de l’Unesco ».
Des institutions culturelles en parlent
Cette valorisation du lamba ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs institutions culturelles ont déjà contribué à sa mise en lumière. En 2023, le Musée de la photographie a consacré une exposition à ce symbole, en mettant l’accent sur son rôle fédérateur. Toujours en 2023, Hakanto Contemporary a organisé l’événement « Lamba forever mandrakizay », célébrant sa dimension intemporelle.
Par ailleurs, le MCC prépare d’autres dossiers pour l’Unesco, parmi lesquels l’art funéraire Andolo des Sakalava, le site de Marodoko, carrefour des cultures malgache et est-africaine, ainsi que le morengy, une pratique partagée entre Madagascar, La Réunion et Maurice.
Holy Danielle




