« Tout est relatif », dit-on. Une expression qui rappelle que rien n’est totalement noir ou totalement blanc et que la vérité dépend souvent de l’angle sous lequel on choisit de regarder. Une belle maxime adaptable… un peu comme les politiques publiques, aurait-on presque envie d’ajouter.
Récemment, deux organisations internationales ont annoncé leur engagement commun pour mettre fin au travail des enfants à Madagascar. Une initiative louable car le message est clair : chaque enfant a droit à la protection, à l’éducation et à un avenir digne. Tout cela est incontestable. Et c’est tant mieux.
Surtout quand on nous rappelle que la situation malgache reste préoccupante avec 47 % des enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent. Donc, presque un enfant sur deux. Certains dans des conditions pénibles et souvent incompatibles avec l’idée même d’une enfance épanouie. C’est alarmant.
Sauf qu’il y a toujours un « mais » dans les réalités nationales car les choses deviennent un peu plus complexes lorsqu’on quitte les salles climatisées des conférences internationales pour faire un tour dans les villages et les marchés. Et c’est là que le « tout est relatif » reprend soudain du sens.
Car dans de nombreuses familles, les enfants ne travaillent pas par choix mais par nécessité. Ils accompagnent leurs parents sur les routes, dans les champs, au marché. Non pas parce qu’on veut leur voler leur enfance, mais parce que c’est ainsi que la famille survit. Certains vendent quelques bricoles, d’autres aident à transporter des marchandises. Dans un pays où se nourrir, s’habiller et aller à l’école peut relever du défi quotidien, la frontière entre aide familiale et travail des enfants devient souvent étonnamment floue.
On pourrait blâmer les parents mais ce serait oublier que beaucoup rêvent aussi de voir leurs enfants protégés, éduqués, nourris correctement. Personne n’imagine sérieusement une mère souhaitant que son fils de 10 ans porte des sacs plus lourds que lui. Ce n’est pas du désir mais de la survie.
L’idéal serait évidemment que chaque enfant malgache puisse aller à l’école le matin, jouer l’après-midi, rêver le soir. Mais pour que cet idéal devienne réalité, il faudra bien plus qu’une campagne. Il faudra des politiques économiques, des emplois décents, un système éducatif accessible à tous. Bref, de quoi rendre l’enfance moins relative et un peu plus absolue. Et c’est là que les gouvernants doivent entrer en action et proposer des solutions concrètes sans attendre l’appui des autres.
En attendant, les slogans s’affichent et les sourires diplomatiques se multiplient. C’est déjà un début. Un petit pas mais il en faut beaucoup plus pour y remédier.
Rakoto




