Passer un coup de balai

Selon la Jirama, les vols et fraudes à l’eau et à l’électricité causent des pertes de plus de 100 milliards d’ariary par an. Il faut reconnaître que c’est énorme et non négligeable. Et que d’autant plus, ce phénomène aurait d’importants impacts sur la tension électrique (bais­se) et la pression de l’eau (diminution).
Mais de là à avancer que cette situation li­mite sa capacité à ré­pondre aux demandes croissantes en eau et en électricité, l’entreprise doit tout de même admettre que ce ne sont pas les seules causes. D’aucuns ignorent qu’il fut un temps où la Jirama ne disposait de compteurs en nombre suffisant.
Peut-être bien que les choses ont changé entre temps et qu’elle a actuellement de quoi satisfaire toutes les nouvelles demandes de raccordement. Mais toujours est-il que, quoi qu’il en soit, la capacité de production actuelle de la Jirama, aussi bien en eau qu’en électricité, est limitée. C’est connu de tous.
De toutes les façons, on comprend bien pourquoi cette entreprise se lance aujourd’hui dans la lutte contre ces vols et fraudes. Elle passe à l’offensive contre les branchements illicites dans le cadre global de la politique de redressement de l’entreprise.
Et pour commencer cette opération, elle s’est lancée dans le contrôle des compteurs installés. Les résultats ne se sont pas fait attendre. Dès la première journée, on a constaté 18 irrégularités sur 109 compteurs ins­pectés. Soit des irrégularités avoisinant les 20%, ce qui est tout de même important.
Quand on voit que presque 1 compteur sur 5 installés est trafiqué, on peut dire que ce n’est plus un cas isolé. En tout cas, compte tenu de l’ampleur des vols et fraudes perpétrée par les abonnés, cette vaste opération de contrôle (car elle est prévue durer environ trois mois) est justifiée.
Toutefois, cette lutte contre les usages frauduleux d’eau et d’électricité fournies par la Jirama ne doit pas concerner uniquement les abonnés. Il ne faut ne pas oublier les employés de l’entreprise. Ces derniers bénéficient d’énormes avantages en ce qui concerne leur consommation en eau et en électricité.
Cependant, ces avantages que l’entreprise leurs accorde est exploité par certains pour s’adonner à des activités peu recommandables. Effectivement, il arrive que des employés réalisent des branchements illicites pour vendre à des tiers une partie de leur consommation.
Ces excès ne sont pas à prendre à la légère car on ne sait pas à quel niveau ils se situent. Ils peuvent être relativement importants si on raisonne au niveau national. Pour toutes ces raisons, ces brebis galeuses n’ont pas leur place au sein de l’entreprise. Il est ainsi recommandé à la Jirama de passer un coup de balai.

Ranaivo Lala Honoré

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