Samedi, on a assisté à un évènement rare : le bâtiment abritant le ministère de l’Intérieur, bien connu sous la dénomination « Patte d’éléphant », a été la proie des flammes. Les épaisses fumées qui en sortaient ont montré que l’incendie était important.
Bien évidemment, cet incendie a suscité de nombreuses interrogations auprès de la population, d’autant plus qu’aucune déclaration officielle expliquant les tenants et les aboutissants du désastre n’a été faite comme il est d’usage après que les flammes aient été éteintes.
S’agit-il d’une simple coïncidence car d’aucuns ignorent que ce samedi-là, c’était le 7 février. Donc ce jour correspondait à la Commémoration du carnage du 7 février 2009 qui a malheureusement coûté la vie à de nombreuses personnes.
On se demande alors s’il y a une corrélation possible entre cet incendie et cette date funeste. Certains y croient ferme et qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence. Pour eux, c’était un acte volontaire afin que l’évènement du 7 février 2009 ne tombe pas dans l’oubli.
Dans le même ordre d’idée, il y a une partie de l’opinion que l’on peut catégoriser de « complotiste » qui soutient fermement qu’il s’agit d’un incendie criminel délibéré. Pour celle-ci, il existe de nombreuses raisons qui peuvent expliquer cet incendie.
Pour les tenants de cette idée, l’une des principales motivations de ceux qui ont provoqué cet incendie serait de détruire certains dossiers compromettant. Que tout parte en fumée. En effet, un incendie de l’envergure de samedi est susceptible de tout effacer.
Mais d’un autre point de vue, on peut remarquer que, généralement, de nombreux bâtiments abritant les divers services de l’administration sont relativement anciens et surtout mal entretenus. Dans certains bâtiments, des fils électriques pendent ici et là.
Entre autres, ce manque d’entretien peut être à l’origine d’un court-circuit qui peut provoquer un incendie accidentellement. Avec toutes les interprétations possibles qui sont offertes, il appartient à chacun de choisir la sienne.
Mais toujours est-il que – et c’est malheureux -, il faut beaucoup de temps pour tout reconstruire. On peut citer l’exemple du bâtiment qui a abrité les services de l’Office national de l’Environnement (ONE) sis à Antaninarenina qui a d’ailleurs été complètement calciné.
Bien que cet incendie se soit déroulé depuis de nombreuses années, rien n’a encore été fait pour le reconstruire. Le constat est bien triste : Les ruines attirent les regards de tous ceux qui passent par là. Cela se comprend car il détonne tout au milieu d’un quartier très huppé de la Capitale, telle une vilaine balafre.
Ranaivo Lala Honoré




