Madagascar n’en est pas à sa première catastrophe naturelle. Cyclones, inondations, sécheresses rythment désormais le calendrier national avec une régularité inquiétante. A chaque fois, le même scénario : l’urgence, les sinistrés, les appels aux dons, l’attente des aides extérieures, puis la lente reconstruction… jusqu’au prochain choc.
Cette réalité n’est plus une simple statistique internationale. Elle est devenue une expérience vécue par des milliers de familles. Pourtant, dans chaque drame, une force se révèle : celle de la solidarité malgache.
«Nous ne sommes pas obligés d’attendre les aides de l’extérieur», a déclaré le président Michaël Randrianirina à Toamasina. Cette phrase dépasse le cadre d’une déclaration politique. Elle pose une question fondamentale : sommes-nous prêts à transformer notre solidarité ponctuelle en une mobilisation durable et structurée ?
Car les Malgaches savent se donner la main. Un geste simple, mais essentiel. Un geste qui sauve, qui reconstruit, qui redonne espoir. Toutefois, la générosité spontanée, aussi admirable soit-elle, ne peut rester notre seule réponse. Il est temps d’institutionnaliser cet élan.
En effet, la résilience d’un pays ne repose pas uniquement sur ses infrastructures, mais sur la conscience collective de sa population. La construction d’un nouvel hôpital à Toamasina symbolise la reconstruction matérielle. Mais la reconstruction morale et organisationnelle est tout aussi essentielle. Une nation préparée vaut mieux qu’une nation qui improvise.
Face aux défis climatiques qui s’intensifient, Madagascar doit se rendre à l’évidence. Les catastrophes naturelles ne disparaîtront pas. En revanche, leurs conséquences peuvent être atténuées. Et cela dépend de nous.
L’Etat a sa responsabilité : planification, normes de construction adaptées, systèmes d’alerte efficaces, budgets dédiés à la prévention et au secours. De plus, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) est déjà opérationnel. Mais la société civile, les entreprises, les collectivités territoriales et chaque citoyen ont également un rôle à jouer. La solidarité ne doit plus être uniquement émotionnelle, elle doit devenir organisationnelle.
Transformer l’épreuve en sursaut collectif, c’est décider que chaque catastrophe sera un pas vers une meilleure préparation. C’est faire de chaque reconstruction une amélioration, notamment de la solidarité.
Rakoto




