Etat de sinistre national: la communauté internationale à la rescousse

L’aide internationale se met en place, après la déclaration de l’état de sinistre national, faite par l’Etat malgache, face à l’ampleur des destructions suite au passage du cyclone Gezani dans l’Est du pays, faisant une trentaine de morts et des milliers de blessés et causant d’importants dégâts matériels. Le système des Nations unies, l’Union européenne aux côtés de la Grande île.

Devant l’urgence de la situation, la communauté internationale a répondu à l’appel à l’aide lancé par l’Etat malgache. Les partenaires internationaux ont manifesté leur solidarité et leur soutien, lors d’une réunion avec le président de la Refondation de Madagascar, le colonel Mi­chaël Randrianirina, hier dans la Capitale.
Dans ce contexte, le système des Nations unies a dé­bloqué 5 millions de dollars via le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) permettant d’intervenir immédiatement et d’apporter une aide humanitaire d’urgence en faveur des populations touchées.
Cette aide financière se décline en deux volets. Deux millions de dollars sont destinés pour les réponses multisectorielles sur trois mois, au profit de 30.000 personnes dans les districts les plus affectés de la région Boeny, après le passage du cyclone Fytia. Les trois millions de dollars restants sont mobilisés pour des actions anticipatoires, engagées avant l’arrivée du cyclone tropical intense Gezani à Toamasina, dans le but de limiter les impacts sur les populations exposées.
Les opérations lancées de­puis le 10 février, devraient se poursuivre dans les prochains mois et toucher près de 93.000 bénéficiaires dans différentes régions. Elles sont menées par six agences onusiennes, sous la coordination du représentant résident des Nations unies, en appui aux actions du gouvernement malgache et du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC).
Dans le même registre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a aussi dé­bloqué une aide financière d’urgence d’un montant de 250.000 dollars. Selon le mi­nistère de la Santé publique, cette somme permettra de financer l’acquisition rapide de médicaments et d’équipements médicaux.

Anthony Ngororano à Toamasina
En déplacement à Toa­ma­­sina pour constater de visu l’ampleur des dégâts et identifier les aides d’urgence à déployer dans les prochains jours, le coordonnateur du système des Nations unies à Madagascar, Anthony Ngoro­rano, a réaffirmé l’engagement de l’ONU à ac­com­pagner le pays. Il a exprimé la solidarité de la communauté internationale envers les sinistrés, assurant que Madagas­car peut compter sur le soutien constant des Nations unies et de leurs partenaires.
Anthony Ngororano a également salué l’initiative des autorités malgaches, soulignant notamment une mobilisation inédite. « Les dirigeants se sont tenus aux côtés de la population avant même l’arrivée du cyclone ». Un geste qu’il qualifie d’exemplaire pour la région.

L’Union européenne sur le front
Sur le terrain, l’Union euro­péenne, en collaboration avec les Nations unies et ses partenaires de l’Equipe Eu­rope, mène actuellement une mission d’évaluation à Toa­masina, afin d’identifier les besoins prioritaires.
Cette opération s’appuie notamment sur le Service aérien humanitaire des Na­tions unies (UNHAS), financé par plusieurs donateurs dont l’UE, permettant l’acheminement rapide de personnel et de l’aide vers les zones isolées.
Depuis 2022, l’Union euro­péenne a renforcé sa présence logistique à Madagascar avec le déploiement d’aéronefs adaptés aux crises clima­tiques, notamment un Cessna Grand Caravan, après les cyclones Batsirai et Emnati, puis un hélicoptère Mi-8 en 2023, lors du passage du cy­clone Freddy, facilitant l’accès aux régions enclavées.

N.A

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