Confronté à une succession de crises sanitaires et de catastrophes naturelles, Madagascar mobilise ses partenaires internationaux. En l’espace de deux jours, Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a signé un accord stratégique avec le Fonds mondial pour renforcer la lutte contre les grandes pandémies, obtenu une aide d’urgence de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et renforcé leur coopération avec l’Organisation mondiale de la Santé.
Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a fait le déplacement à Genève (Suisse) en vue de participer à la Conférence des Nations Unies sur le cacao 2026 hier. Mais il est finalement rentré au pays plus tôt que prévu, pour faire face aux défis du relèvement post-cyclonique. Toutefois, il a réussi à mettre à profit ce voyage en dirigeant une diplomatie humanitaire dans la capitale suisse..
En réponse le 12 février, l’IFRC a accordé une aide immédiate d’un million de dollars, débloquée à partir de son fonds d’urgence pour les catastrophes naturelles. Cette assistance vise à fournir des abris temporaires, des soins médicaux, de l’eau potable et des services d’assainissement aux populations sinistrées, tout en assurant la protection des personnes les plus vulnérables.
Un appel international pour réunir 7,5 millions de francs suisses, va également être lancé, afin de renforcer et d’élargir l’action humanitaire. Les partenaires ont insisté sur la nécessité d’une coordination étroite avec le gouvernement et la Croix-Rouge malgache, afin de garantir une distribution équitable et transparente des aides.
Un système de santé sous pression
Le chef du gouvernement malgache a aussi signé, le 11 février, un nouvel accord de financement avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Cet engagement ouvre la voie à un financement étalé sur trois ans et offre des ressources financières importantes pour la planification des interventions dans le secteur santé.
Cet accord valide également les engagements pris par les autorités malgaches en matière de gouvernance et de gestion transparente des fonds. L’Exécutif a engagé des mesures correctives pour renforcer le contrôle interne et garantir la conformité des dépenses aux procédures légales.
L’objectif est double : assurer la continuité des traitements pour les patients déjà pris en charge, notamment pour le Sida et intensifier les actions de prévention contre des maladies qui restent parmi les principales causes de mortalité dans le pays. L’amélioration de l’approvisionnement en médicaments, en équipements médicaux et en outils de diagnostic, figure également parmi les priorités.
Vers une résilience structurelle
Lors d’une rencontre avec le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 11 février, les discussions ont porté sur le renforcement des infrastructures hospitalières, la formation du personnel de santé, la progression vers la couverture sanitaire universelle et la mobilisation de financements durables.
Les deux parties ont convenu d’intensifier leur coopération dans plusieurs domaines prioritaires, comme la lutte contre les maladies non transmissibles, la prise en charge des maladies tropicales négligées, la santé mentale et la préparation aux crises sanitaires. Elles ont aussi décidé de relancer l’approche «One Health», qui intègre les dimensions humaine, animale et environnementale de la santé.
Au-delà des réponses d’urgence, les autorités malgaches affichent une orientation stratégique tournée vers la prévention et l’efficience dans l’utilisation des ressources. La réhabilitation des hôpitaux existants, la réduction du gaspillage et le renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation figurent parmi les axes prioritaires.
Tivo Rasam




