La feuille de route, un terme chargé politiquement depuis la transition de 2009, est une chose, la feuille de route de Programme de la Refondation, un cadre stratégique fixant les objectifs et le calendrier du processus de réforme en cours, en est une autre. Ce sont deux concepts distincts, entièrement différents aussi bien sur la forme que sur le fond que les politiques et même l’opinion publique ont tendance à confondre avec leur propre interprétation erronée. Et pour éviter toute confusion, le Colonel Michaël Randrianiriana a mis les choses au clair, lors de la retransmission de ce document d’orientation à la Sadc.
La feuille de route de Programme de la Refondation, est avant tout « un rapport et un chronogramme » détaillant l’état d’avancement de la refondation, les actions déjà engagées ainsi que les prochaines étapes, notamment les concertations nationales et la refonte électorale.
D’ailleurs, l’homme fort de la Refondation invité
l’opinion et les politiques à se référer à la définition classique d’une « feuille de route », comme un outil de planification stratégique et non pas comme un accord politique aboutissant à une répartition du pouvoir et de postes entre acteurs politiques.
Pour le régime en place, cette conception erronée de la feuille de route est la conséquence du traumatisme politique de 2009 où le compromis et le consensus étaient les mots d’ordre. Pour dire que le scénario de type 2009 est à écarter et le principe d’un partage du pouvoir est à exclure. Un remaniement gouvernemental reste toutefois d’actualité, comme l’unique opportunité pour certaines sensibilités politiques d’intégrer l’exécutif.
Dans cette logique, le document ne prévoit pas la création de nouvelles structures politiques ou d’un organe consultatif supplémentaire, comme certaines rumeurs l’ont laissé entendre. Les institutions existantes continueront d’assurer leurs missions. L’Assemblée nationale conservera notamment ses fonctions législatives et de contrôle de l’action gouvernementale, mais sans possibilité de censurer l’Exécutif durant cette phase, comme l’a précisé la Haute cour constitutionnelle.
Le Programme de la Refondation a pour finalité la réforme institutionnelle encadrée, sans redistribution formelle du pouvoir politique et avec la contribution de tous les Malgaches. Une feuille de route pour tous.
Rakoto




