La Commune urbaine d’Antananarivo entre dans une phase de transition. Hier, le Conseil d’Etat a annulé les résultats de l’élection du maire et des conseillers municipaux d’Antananarivo, organisée le 11 décembre 2024. Cette décision entraîne la dissolution de l’organe exécutif de la commune urbaine et ouvre la voie, en principe, à la tenue d’un nouveau scrutin.
Pour rappel, l’annulation des résultats obtenus par Harialala Ramanantsoa fait suite à un recours déposé par le candidat Tojo Ravalomanana, candidat du parti Tiako i Madagasikara, contestant la régularité du scrutin
En attendant la tenue d’une nouvelle élection, l’Etat devra prendre des mesures pour assurer la continuité de l’administration municipale. La nomination d’un Président de délégation spéciale (PDS) chargé de gérer provisoirement la commune, est plus que probable.
Dans sa décision, le Conseil d’Etat a également ordonné l’organisation d’une nouvelle élection municipale. La loi organique n°2014 – 020, concernant les collectivités territoriales décentralisées prévoit un délai de 120 jours, à compter de la date du jugement pour organiser ce scrutin.
La préparation technique de l’élection revient à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni),
qui devra proposer un calendrier en tenant compte des contraintes logistiques et du cadre légal. La date officielle du scrutin sera ensuite fixée par le gouvernement par décret de convocation des électeurs, généralement publié en Conseil de gouvernement environ 90 jours avant l’élection.
Des interrogations
Du côté du camp de Tojo Ravalomanana, la décision judiciaire est accueillie avec satisfaction. Son avocat et mandataire, Julien Andriamorasata, estime que les juges ont tenu compte des arguments présentés dans le recours.
Il affirme que son client continue de considérer avoir remporté l’élection municipale, tout en indiquant que le parti Tiako i Madagasikara respecte la décision de justice et se prépare déjà pour le prochain scrutin. Il appelle également les autorités à respecter les délais légaux pour l’organisation de ces élections municipales partielles.
Le sort de la commune urbaine d’Antananarivo interroge donc les observateurs. Il est en effet peu probable que le gouvernement de refondation organise des partielles en pleine concertation nationale destinée justement à reformer tout le système électoral malgache. D’ici là, la capitale devra fonctionner sous l’administration d’une délégation spéciale, dans l’attente d’un nouveau scrutin qui déterminera la future équipe municipale d’Antananarivo.
Tivo Rasam




