La contestation étudiante à Ankatso franchit un nouveau palier. Hier, la grève a secoué la Cité universitaire. Les étudiants sont sortis du campus pour manifester leur colère dans la rue, face au protocole d’accord unilatéral signé entre l’Université d’Antananarivo et le Centre régional des œuvres universitaires d’Antananarivo (Croua), à leur insu.
Des pneus brûlés au milieu de la rue et blocage sur la route. Cette manifestation marque un tournant, après les tensions observées ces derniers jours dans l’enceinte du campus. Les étudiants choisissent désormais de porter leur colère sur la voie publique, signe d’un mouvement qui se radicalise. Et ils préviennent déjà que si leurs revendications restent ignorées, d’autres actions pourront suivre.
Protocole d’accord controversé !
Les étudiants déplorent le fait qu’ils ont été mis à l’écart lors de la signature de ce protocole d’accord sur la gestion des logements universitaires, alors que selon eux, ils devraient avoir voix au chapitre, d’autant le sujet les concerne directement. D’où la demande de destitution du DG du Croua.
Face aux critiques et aux interrogations grandissantes au sein de la communauté estudiantine, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesupres), a décidé de publier hier le contenu du document signé le 27 février, pour plus de transparence.
Selon le ministère, ce protocole vise avant tout à renforcer la coopération entre l’Université et le Croua dans la gestion quotidienne du campus, avec la mise en place d’une coordination permanente, d’échanges d’informations réguliers et d’actions conjointes destinées à garantir l’ordre, la sécurité et la sérénité sur le site universitaire.
Pas d’assainissement en vue
Le Mesupres a également tenu à clarifier certains points qui alimentent les tensions. Le ministère dément notamment que le protocole prévoit un assainissement général des cités universitaires, une crainte largement relayée par les étudiants qui redoutent des expulsions massives.
Le texte reconnaît toutefois l’importance de l’implication des étudiants dans la vie universitaire. Leur participation est à titre consultatif, notamment à travers les cadres de dialogue, les commissions de travail et certaines instances de l’université, via les associations étudiantes légalement reconnues, telles que les associations pédagogiques, régionales ou celles des présidents de blocs.
Mais ces explications officielles ne semblent pas suffire à calmer les esprits. Les pneus en flammes et les routes bloquées autour d’Ankatso témoignent d’un climat de défiance grandissant des étudiants envers les structures chargées de la gestion du campus.
Fahranarison




