CEG Betsimitatatra 67Ha: Elèves et enseignants exigent la démission du directeur

La crise a franchi un nouveau cap au CEG Betsi­mitatatra 67 Ha Avaratra Andrefana. Hier, la con­testation contre le directeur de l’établissement s’est transformée en mouvement de rue. Des élèves, soutenus par certains enseignants, sont descendus sur la Place du 13 Mai, avant de poursuivre leur mobilisation dans l’enceinte même du collège.

Dès les premières heures de la journée, la tension était palpable. Brandissant leur colère et scandant des slogans, des élèves ont quitté l’établissement pour rejoindre la célèbre place du centre-ville, symbole historique des mobilisations populaires. Sur place, ils ont exprimé publiquement leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de pressions et d’abus financiers au sein de leur école.
Après ce passage à la Place du 13 Mai, les manifestants sont revenus au CEG Betsimitatatra, où la mobilisation s’est poursuivie dans la cour de l’établissement. Devant leurs camarades et plusieurs enseignants, les élèves ont enchaîné les prises de parole pour dénoncer les difficultés qu’ils disent subir au quotidien. Les enseignants évoquent notamment un climat de peur au sein de l’établissement. Certains affirment être victimes d’intimidations et d’insultes, qu’ils soient hommes ou femmes.

Des accusations financières et des conditions d’apprentissage dénoncées

Les élèves, eux, dénoncent plusieurs collectes d’argent qu’ils jugent injustifiées. Parmi les principales doléances figure la contribution de 3.000 ariary exigée pour la construction de nouvelles infrastructures. Pourtant, selon eux, aucune réalisation concrète n’est visible jusqu’à présent.
La question de la surpopulation des classes alimente également la colère. Dans certaines salles, une classe de 3e compterait jusqu’à 99 élèves, une situation jugée intenable pour l’apprentissage, alors que l’établissement disposerait de plusieurs classes de ce niveau.
Autre sujet de mécontentement : l’achat obligatoire d’un tee-shirt d’uniforme. Les élèves affirment avoir payé la tenue, mais n’avoir reçu qu’un simple reçu sans jamais obtenir le vêtement. Malgré cela, ceux qui ne portent pas ce tee-shirt lors des cours d’éducation physique et sportive (EPS) seraient renvoyés.
Face à cette accumulation de griefs, enseignants et élèves réclament désormais le départ immédiat du directeur, Luca Zuco Ranadison. Contacté pour réagir à ces accusations, ce dernier n’a pas souhaité faire de déclaration.
En attendant une éventuelle intervention des autorités éducatives, la situation reste tendue au sein du collège. La mobilisation d’hier, marquée par une descente jusqu’à la Place du 13 Mai, montre que la contestation a pris une ampleur inhabituelle pour un établissement scolaire.

Fahranarison

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