Antananarivo se transforme, cette semaine, en véritable terrain d’observation politique. Du 15 au 21 mars, une délégation de parlementaires européens séjourne à Madagascar dans le cadre d’une mission d’étude conduite par l’ « European parliamentary forum for sexual and reproductive rights », en collaboration avec « Fianakaviana sambatra » (Fisa).
Loin d’une visite protocolaire, les élus sont plongés dans les réalités du terrain. Rencontres avec les autorités, échanges avec les représentants de la société civile, visites de structures de santé, notamment celles opérées par Fisa : tout est conçu pour confronter les décideurs aux défis quotidiens de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Les discussions portent sur des aspects clés comme les priorités nationales, les mécanismes de financement et les conditions concrètes de prestation des soins.
Des constats frappants
Et le diagnostic est sans appel : mortalité maternelle encore élevée, grossesses précoces persistantes et fortes inégalités d’accès entre zones urbaines et rurales. Dans certaines zones enclavées, l’éloignement des centres de santé, le manque de personnel qualifié et les barrières socio-culturelles compliquent davantage l’accès aux services, notamment pour les adolescentes.
A cela s’ajoutent des contraintes structurelles majeures, telles que la faiblesse des ressources publiques allouées à la santé et une dépendance marquée aux financements extérieurs, qui limitent la capacité du système à répondre efficacement aux besoins croissants de la population.
Cette immersion s’inscrit dans une dynamique de mobilisation plus large, avec l’appui de partenaires clés comme UNFPA, aux côtés des institutions nationales, dont la Direction de la Santé familiale et le ministère de la Jeunesse et des sports, ainsi que d’acteurs internationaux tels que l’Agence française de développement (AFD). Tous convergent vers une même priorité : transformer les constats en actions concrètes et renforcer l’accès des femmes et des jeunes à des services de santé reproductive de qualité.
Sous le mot d’ordre «Zoko, zonao, zontsika ny fahasalamana ara-pananahana», les échanges se veulent directs, pragmatiques et orientés vers des solutions adaptées aux réalités malgaches. En croisant les expériences internationales et les besoins locaux, cette mission ambitionne de renforcer la coopération, d’intensifier la mobilisation des partenaires et d’accélérer les progrès sur un enjeu crucial.
Fahranarison




