Les langues se délient sur la finale de la coupe d’Afrique des nations (Can) 2025. Hier soir, dans son podcast, Romain Molina n’a pas fait dans la dentelle : il a vidé son sac sur les coulisses les plus sombres de cette compétition. Avec la précision d’un scalpel et le ton d’un lanceur d’alertes, l’enquêteur du football africain a levé le voile sur une série de dysfonctionnements qui laissent un goût amer au Maroc… et un parfum de scandale à toute la Caf.
Sans détour, Molina affirme que la première commission disciplinaire de la confédération africaine de football a subi des pressions politiques évidentes en défaveur du Maroc. « Le camp de Patrice Motsepe a voulu montrer ses muscles », insiste-t-il. Le message était limpide : rappeler à Fouzi Lekjaa et à la FRMF que, malgré leur influence grandissante, c’est encore Johannesburg qui tire les ficelles. Une démonstration de force qui sent le règlement de comptes plus que l’équité sportive.
Sur les incidents impliquant les supporters sénégalais à la gare de Rabat, le journaliste est tout aussi tranchant. Ce déplacement sans escorte sérieuse, la communication qui a suivi… tout, selon lui, sentait le scénario écrit d’avance. « Cela semblait orchestré, ou du moins pas du tout coordonné avec les autorités marocaines, pour créer volontairement un mouvement de foule et alimenter un narratif de victimisation », révèle-t-il. En somme, on a jeté de l’huile sur le feu pour que le Sénégal puisse jouer les opprimés devant les médias internationaux. Un classique bien rodé.
Le Maroc, éternel sauveur puni
Molina ne s’arrête pas là. Il dépeint une Caf sous tutelle de la Fifa, incapable de faire respecter ses propres textes. Résultat : le Maroc est contraint d’endosser le costume du pompier-pyromane. Awards, Can de jeunes, infrastructures… la FRMF met constamment la main au portefeuille et à l’organisation.
« A force de renflouer les caisses et de sauver les meubles, on finit par susciter de la rancœur chez les autres nations », lâche-t-il avec une ironie mordante. Le serpent qui se mord la queue, version football africain.
Le morceau de bravoure arrive avec l’arbitrage de la finale. Molina confirme l’impensable : le responsable de l’arbitrage de la Caf serait descendu directement voir l’arbitre pour lui glisser des consignes précises : « Pas de cartons, ne sifflez pas trop tôt. »
« Cela a totalement sapé la souveraineté du corps arbitral », conclut-il. En clair, on a marché sur les plates-bandes de l’homme en noir comme si le terrain lui appartenait. Une ingérence qui transforme la finale en match joué… dans les couloirs.
Au fil de ces révélations, un fil rouge se dessine avec une clarté glaçante : le Maroc paie, organise, gagne… et se fait malgré tout taper sur les doigts. Molina résume la situation avec une formule qui va rester : « On exige du Maroc qu’il soit l’élève modèle qui renfloue tout le monde, mais dès qu’il gagne, on change les règles en plein match ».
Naisa




